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Réseau. Pour certains il renvoie aux réseaux sociaux qui font aujourd’hui partie intégrante de notre quotidien. Pour d’autres, il désigne le réseau professionnel que l’on se bâtit tout au long d’une carrière. Et pourtant, les deux ne sont pas si éloignés. L’objectif commun ? créer un lien de confiance pour développer des échanges et des opportunités.

Pas moins de 93 % des jeunes actifs jugent essentiel de disposer d’un réseau professionnel aujourd’hui. C’est ce que révèle une étude publiée en 2022 par LinkedIn CSA. Selon cette même enquête, l’absence de réseau représenterait un obstacle pour accéder à des opportunités d’emploi pour la génération Z.

L’aisance professionnelle, clé de voûte du réseau

L’enjeu de la stratégie de réseau ? « susciter un climat de confiance », répond sans hésiter Jean-Baptiste Morin, entrepreneur de l’orientation et carriérologue. Il est primordial, lorsque l’on cherche à se constituer un réseau solide, de maitriser ses sujets, d’aller au-devant de ses interlocuteurs et de savoir se mettre en avant (sans trop en faire). Attention à ne pas confondre l’enjeu professionnel du réseautage et ses propres enjeux personnels, prévient Jean-Baptiste Morin.

« Si je cherche un emploi, mon enjeu personnel est simple : avoir un revenu chaque mois pour payer mon loyer. Mais lorsqu’on me conseille de solliciter mon réseau, l’erreur que beaucoup commettent est de mettre en avant cet enjeu personnel avant leur valeur professionnelle. L’objectif doit d’abord être de montrer son expertise, ce que l’on peut apporter professionnellement. »

À titre illustratif, l’expert conseille de ne pas initier le contact en disant : « je cherche un travail » mais plutôt « je suis étudiant dans tel domaine, j’aimerais parler de la place de l’intelligence artificielle dans le marché de… ».

Lorsqu’on demande à Jean-Baptiste Morin, qu’est-ce que signifie « avoir un bon réseau », il paraphrase la célèbre citation du film Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre : « il n’y a pas de bon ou de mauvais réseau. » Autrement dit, un réseau efficace ne se résume pas à une liste de contacts prestigieux : il repose avant tout sur la façon dont on crée, entretient et active ses relations.

Réseau ou piston : quelle différence ?

Dans l’imaginaire collectif le mot « réseau » a parfois une connotation péjorative, il est souvent associé au « piston », à l’idée d’avoir une opportunité professionnelle car l’on connait telle personne. En réalité, il faut bien dissocier le réseau du piston.

« Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la question du piston ou du réseau ne dépend pas de qui je connais ou non. Elle dépend de mon attitude vis-à-vis de la personne en face de moi. Si je contacte quelqu’un uniquement parce que j’ai besoin d’un emploi, je me place dans une logique de demande. À l’inverse, le réseau consiste à créer un échange professionnel, à parler de compétences, de projets et de valeur ajoutée. Ce n’est pas la relation qui fait le piston, c’est la posture », éclaire l’expert avant d’ajouter : « trouver du travail doit être la conséquence heureuse d’une activité de réseautage. »

On revient à l’importance de l’aisance professionnelle – et non relationnelle. Que l’on réseaute lors d’un diner en famille ou d’un séminaire, c’est avant tout l’attitude que nous adoptons qui fait la différence : notre capacité à valoriser nos compétences, notre expertise et ce que nous pouvons apporter.

Le réseau : un privilège réservé à certains ?

D’après l’étude menée par CSA pour LinkedIn France, pour 80 % des actifs de la génération Z, le manque de réseau professionnel représenterait un véritable obstacle pour accéder à certaines opportunités d’emploi. 77 % des 18-25 ans ont le sentiment que d’autres bénéficient de davantage de chances de trouver un emploi car ils auraient un réseau plus important.

La question mérite d’être posée : certains naissent-ils avec plus de facilités de se constituer un réseau professionnel, et donc d’accéder à une carrière avec moins de difficultés ? Pour Jean-Baptiste Morin, « l’enjeu, c’est de faire du réseautage une compétence accessible à tous, et non un privilège réservé à ceux qui maîtrisent déjà les codes ou qui sont nés dans le bon environnement. Certaines personnalités sont plus à l’aise pour aller vers les autres, mais le réseau ne relève pas seulement du tempérament : il s’apprend. L’essentiel est de comprendre comment créer de la confiance, quel que soit son profil. »

Et à l’ère du numérique, se créer un réseau professionnel est plus facile qu’avant ! Plus besoin d’avoir un grand-père ou une tante qui a travaillé dans le domaine qui nous intéresse : en quelques clics on a accès à un carnet d’adresses géant. La référence en la matière ? LinkedIn.

Toujours selon l’étude menée par le CSA, 66 % des actifs de la génération Z déclarent disposer aujourd’hui d’un réseau professionnel. Marquée par un usage naturel du numérique, cette génération semble également mieux maîtriser les codes du réseautage : 87 % affirment savoir utiliser ou activer leur réseau, soit près de 20 points de plus que l’ensemble des actifs (69 %). Des réflexes qui semblent se développer dès les années d’études : 85 % des étudiants déclarent savoir mobiliser leur réseau lorsqu’ils en possèdent un.

« La génération Z a clairement compris l’enjeu d’avoir un réseau professionnel aujourd’hui pour trouver l’opportunité la plus adaptée à ses envies. Et s’il semble plus naturel pour elle de l’utiliser à bon escient de par notre société multi-connectée, cette étude souligne toutefois son besoin d’un coup de pouce en début de carrière : à la fois dans la construction de son réseau, mais aussi pour être encouragé à plus oser postuler à des offres d’emploi », analyse Fabienne Arata-Camps, Country Manager de LinkedIn France, dans les résultats de l’étude.

Si LinkedIn peut être un premier pas, rien ne vaut le contact humain pour créer une relation de confiance et donner de la profondeur à son réseau. Aller à des rencontres, conférences, salons ou séminaires reste essentiel pour échanger et élargir son cercle professionnel.

Journaliste. Si la curiosité est un vilain défaut, elle m'a permis d'en faire mon métier ! Je suis ravie de faire partie de l'équipe d'ÉcoRéseau Business, dont l'objectif est d'informer avec un regard constructif et optimiste. Dans mes articles, je m'efforce de rester aussi objective que possible… sauf quand il est question de Bordeaux, ma ville de cœur !

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