COP17 biodiversité : entre l’ambition et l’action !

Ezzedine El Mestiri, fondateur du magazine Nouveau consommateur en 2003
Ezzedine El Mestiri, fondateur du magazine Nouveau consommateur en 2003

La 17e réunion de la Conférence des Parties (COP17) à la Convention sur la diversité biologique (CDB) vient de s’ouvrir cette semaine à Erevan en Arménie. C’est un moment de vérité et c’est un examen mondial des progrès accomplis dans la mise en œuvre du Cadre mondial de Kunming-Montréal. Tristement, peu de choses ont été réalisées ! Face à l’inertie et au manque de conscience, nous sommes en droit de s’interroger sur l’efficacité de ces grands rendez-vous internationaux et ces COP diverses et variées qui mobilisent, certes, des bonnes volontés et des intentions louables mais rarement des exigences ou des actions concrètes !  

Depuis 2022, près de 90 % des pays ont déterminé des objectifs nationaux en matière de biodiversité et plus de la moitié ont élaboré des feuilles de route pour les mettre en œuvre. Mais seulement, 1,3 million de km2 supplémentaires de terres et 6 millions de km2 d’océans ont bénéficié d’une protection officielle. Dans l’état actuel, seuls 26 % des écosystèmes terrestres et 12 % des écosystèmes marins seraient protégés d’ici à 2030, loin de l’objectif de 30 %.

L’argent pour de mauvaises causes

Le récent rapport onusien State of Biodiversity Action pointe les lacunes qui empêchent de s’attaquer aux causes de la dégradation de la nature. Elles concernent la transformation des systèmes économiques et la mise en place d’instruments favorisant les activités bénéfiques aux écosystèmes.

Parmi les 23 engagements des 200 États, lors de la COP15 de Montreal en 2022, figure un engagement à baisser d’au moins 500 milliards de dollars par an les subventions accordées aux activités néfastes. Aujourd’hui, nous sommes loin du compte, nous continuons à dépenser notre argent pour de mauvaises causes. Pour chaque dollar investi dans la protection de la nature, 30 dollars sont consacrés à sa destruction !

Les ressources consacrées à la biodiversité restent inférieures aux 200 milliards de dollars annuels prévus dans le cadre mondial. S’ajoutent un manquement dans les capacités techniques, la coopération scientifique et la collecte de données. Pour atteindre les objectifs mondiaux, les investissements annuels devront atteindre 571 milliards de dollars d’ici à 2030, soit environ 0,5 % du produit intérieur brut mondial.

Le besoin d’un sursaut mondial

Préserver la biodiversité, c’est donner la priorité au développement de l’économie circulaire et du zéro déchet, la promotion d’une agriculture durable et surtout une application plus stricte des lois existantes. Lors de cette conférence d’Erevan, il est prévu d’intégrer la biodiversité dans les politiques publiques, les budgets et les réglementations nationales. La COP arménienne compte aussi faire appel aux entreprises pour contribuer davantage au financement de la protection de la nature.

« La nourriture que nous mangeons, l’eau que nous buvons, l’air même que nous respirons : tout cela est le fruit de la biodiversité. Pourtant, chaque jour, l’humanité coupe une nouvelle branche de l’arbre de la vie… La guerre contre la nature n’est pas encore terminée ! », assène Antonio Guterres, Secrétaire général de l’ONU.

Face aux effets associés du dérèglement climatique, du surpâturage et de l’utilisation abusive d’engrais et de pesticides, la nature suffoque et risque d’être en grand péril. À quatre ans de l’échéance de 2030, nous sommes loin du compte pour enrayer cette marche vers l’insupportable. L’humanité a besoin d’un sursaut mondial. Gouvernements, entreprises et la société civile doivent se réveiller et intensifier leurs efforts pour protéger notre Mère nature et la vie !

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