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TRIBUNE. Le taux des nouveaux PEL vient de remonter à 2 % en 2026, ce qui relance une question classique : faut-il fermer son ancien PEL pour en ouvrir un nouveau, mieux rémunéré ? Par Thaïs Castang, associée du cabinet L&A Finance.
La réponse est souvent non. En effet, derrière cette interrogation se cache une réalité plus nuancée qu’une simple comparaison de taux affichés.
Des taux anciens souvent plus avantageux
Il convient de rappeler que le taux fixé à l’ouverture du PEL est garanti pendant toute la durée du plan. Ainsi, les PEL ouverts avant 2016 continuent d’offrir un rendement attractif, compris entre 2,5 % et 6 % bruts par an. Même certains plans plus récents demeurent compétitifs : leur rendement est supérieur au taux en vigueur en 2026, si bien que les clôturer dans l’espoir d’une meilleure rémunération revient en réalité à dégrader sa situation. Ce caractère « verrouillé » du taux constitue une protection précieuse dans un environnement financier incertain, où les conditions de marché évoluent rapidement.
Un levier stratégique pour l’immobilier
Au-delà du rendement, l’atout principal du PEL réside dans l’acquisition progressive de droits à prêt immobilier. À partir de quatre ans de détention, il ouvre droit à un prêt épargne-logement à taux préférentiel, dont le montant peut atteindre 92 000 euros. Dans un contexte de taux immobiliers encore élevés, ce mécanisme peut constituer un véritable avantage stratégique. Toute clôture anticipée entraîne cependant la perte définitive de ces droits. Ce dispositif agit comme une forme d’assurance contre la hausse des taux, en sécurisant à l’avance des conditions d’emprunt potentiellement plus favorables.
Le coût d’opportunité à ne pas négliger
En revanche, conserver un PEL faiblement rémunéré peut représenter un coût d’opportunité significatif. D’autres supports, comme l’assurance-vie, offrent des perspectives de rendement supérieures. Ainsi, pour un épargnant disposant d’une épargne de précaution suffisante et sans projet immobilier à court ou moyen terme, clôturer un PEL peu performant peut permettre de réorienter les capitaux vers des solutions plus dynamiques et mieux adaptées à ses objectifs patrimoniaux. Il s’agit alors d’arbitrer entre sécurité et performance, en tenant compte de son horizon de placement et de sa tolérance au risque.
En réalité, la bonne décision dépend moins du niveau actuel des taux que de trois paramètres : la date d’ouverture du plan, son ancienneté et les projets de l’épargnant. À cela s’ajoute une dimension souvent sous-estimée : la cohérence globale du patrimoine. Un PEL ne doit pas être analysé isolément, mais comme une brique parmi d’autres dans une stratégie financière d’ensemble.































