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Personne ne doute que la transition écologique doit passer par l’électrification et les énergies renouvelables. Le solaire photovoltaïque y occupe une place de choix au regard de sa production décentralisée à des coûts raisonnables. Par Ezzedine El Mestiri.
Coup de théâtre ce mois-ci, l’Union européenne indique qu’elle ne subventionne plus des projets énergétiques recourant à des technologies chinoises, susceptibles de présenter des risques ! Cela vise les onduleurs, des appareils électroniques utilisés notamment dans les installations photovoltaïques pour transformer le courant continu en courant alternatif. L’enjeu est de desserrer la domination chinoise dans ce secteur qui risque de devenir une menace pour la sécurité d’approvisionnement. Bruxelles souhaite privilégier des onduleurs fabriqués en Europe et diversifier ses fournisseurs en faisant appel à des fabricants japonais sud-coréens, américains ou suisses.
L’hégémonie chinoise
Les importations européennes de panneaux chinois sont passées de 5,5 milliards d’euros en 2018 à 20 milliards en 2023. En France, les importations atteignent 1,2 milliard en 2024, pour un taux de couverture de seulement 7 %. Aujourd’hui, 98 % des panneaux importés en Europe sont chinois. Cette hégémonie, basée sur des subventions massives et des barrières douanières a entraîné l’effondrement de l’industrie européenne.
Le photovoltaïque représente, en 2025, moins de 5 % de la production d’électricité en France. 79 % des citoyens font confiance au solaire pour garantir l’indépendance énergétique. Selon une récente étude de l’Institut Thomas More, le recours croissant à cette énergie fait peser un vrai risque sur notre souveraineté énergétique. La dépendance à la Chine crée une vulnérabilité stratégique majeure. 219 GW de capacité solaire en Europe fonctionnent aujourd’hui avec des onduleurs chinois. L’étude a identifié 420 000 systèmes vulnérables, susceptibles de provoquer des coupures et des instabilités du réseau.
Un rendement quantique élevé
En France, les projets de panneaux photovoltaïques sur terres séduisent de plus en plus le monde agricole. Situées sur des parcelles, ces installations combinent productions électrique et agricole sur de grandes surfaces. Produire de l’électricité sur une terre agricole sans affecter la production alimentaire, c’est l’objectif de l’agrivoltaïsme. Assurer aux énergéticiens des surfaces pour développer leurs projets et aux agriculteurs, un revenu supplémentaire grâce à la location des terres. L’installation du solaire bénéficie d’un taux de TVA réduit de 5,5 %. La loi de finances pour 2026 vient d’ajouter une condition pour bénéficier de ce taux. Les prestations de pose, d’installation et d’entretien des équipements de production d’électricité utilisant l’énergie solaire doivent être réalisées par une personne disposant d’une certification ou d’une qualification professionnelle.
Les énergies renouvelables, notamment solaire, sont devenues en 2025 la première source d’électricité dans le monde, assurant désormais plus du tiers de la production. D’année en année, nous assistons à une baisse du coût en raison de l’efficacité accrue des panneaux. Leur rendement de conversion solaire-électricité est passé de 16 % à 23 % en 10 ans, rendant le photovoltaïque performant. Des recherches scientifiques visent à améliorer encore ce rendement. Cela fait plus de 70 ans que la première cellule photovoltaïque en silicium a été fabriquée. Cette technologie a atteint sa limite de rendement quantique qui est de 32-33 %, la proportion de lumière transformée en électricité. La future génération de panneaux solaires sera vraisemblablement composée de cellules atteignant plus de rendement de conversion.
Un pilier de l’électrification bas carbone
Le coût de l’énergie reste notre principale préoccupation. Le dernier baromètre annuel de l’Observatoire des énergies renouvelables indique que nous continuons à nous équiper massivement en panneaux solaires. Le nombre d’installations d’autoconsommation individuelle a été multiplié par quatre en trois ans pour s’établir à plus de 800 000. Au niveau des capacités installées (30,7 GW fin 2025), la filière photovoltaïque dépasse même pour la première fois la filière hydraulique. Le solaire photovoltaïque n’est plus une technologie émergente, mais l’un des piliers de l’électrification bas carbone. La dynamique d’installation est désormais massive, avec des centaines de gigawatts installés chaque année. Le solaire est appelé à prendre une place croissante dans les systèmes électriques, en Europe et dans le reste du monde.






























