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TRIBUNE. L’économie circulaire s’impose aujourd’hui comme un cadre structurant pour les entreprises, porté par des enjeux réglementaires, des contraintes d’approvisionnement et des objectifs de performance environnementale. Ses principes sont globalement acquis : optimiser l’usage des ressources, prolonger la durée de vie des produits et limiter le recours systématique au neuf. Par Ella Brabra, directrice générale Elisys.
Pourtant, dans les faits, sa mise en œuvre opérationnelle reste encore limitée. Sur le terrain, les démarches demeurent souvent partielles, expérimentales ou cantonnées à certains périmètres.
Selon l’Ademe, moins d’une entreprise sur deux en France a engagé une démarche structurée en matière d’économie circulaire. Ce constat ne traduit pas uniquement un manque de solutions, mais une difficulté plus profonde : celle d’intégrer ces principes dans le fonctionnement réel des organisations.
Contrairement à d’autres initiatives, l’économie circulaire ne peut pas être traitée comme un projet autonome. Elle implique une évolution des méthodes de travail à l’échelle de plusieurs fonctions : achats, logistique, maintenance, exploitation, voire conception et marketing. Elle s’inscrit dans une logique de chaîne de valeur complète, de l’approvisionnement à la fin de vie des produits.
Cette transversalité en complique le déploiement. Lorsqu’un sujet mobilise plusieurs directions sans être clairement attribué, sa gouvernance devient diffuse, les arbitrages plus difficiles et la responsabilité tend à se diluer.
L’économie circulaire devient alors un sujet partagé, sans toujours être réellement piloté.
L’un des principaux points de blocage réside dans l’absence d’alignement entre les pratiques attendues et les systèmes de pilotage. Les équipes sont incitées à adopter de nouvelles méthodes, mais continuent d’être évaluées selon des critères qui n’ont pas évolué. En l’absence d’objectifs clairs et de mécanismes de reconnaissance, elles ne sont ni orientées ni incitées à faire évoluer leurs pratiques.
Ce décalage crée une incohérence structurelle : les équipes finissent logiquement par privilégier les solutions qui correspondent aux critères sur lesquels elles sont évaluées et récompensées.
Dans ses premières phases, l’économie circulaire suppose un cadre structuré, avec des objectifs clairs et partagés. Elle repose surtout sur l’engagement des équipes, car c’est au niveau opérationnel qu’elle se met réellement en œuvre. Dans ce contexte, déployer des processus sans intégrer pleinement la dimension humaine reste largement inefficace.






























