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Appartenez-vous à un réseau alumni ? Ces réseaux d’anciens élèves peuvent offrir des opportunités pour la carrière des jeunes diplômés – et les plus anciens. Mais ils sont parfois trop sous-estimés…
Du latin « alumnus », qui signifie « élève », ces réseaux suivent les étudiants tout au long de leur carrière professionnelle, depuis leur diplôme, jusqu’à leur retraite et plus encore. Ce n’est pas une secte, ni un groupe privé ultra-sélectif avec une poignée d’élus ! Les réseaux alumni s’adressent à tous les étudiants qui suivent un cursus à l’université ou dans les écoles.
« Un alumni, ce n’est pas seulement un ancien élève. On devient alumni dès le premier jour dans une école ou une université, et on le reste à vie », précise Baptiste Massot, responsable développement chez Alumnforce, dans les colonnes de Welcome to the Jungle. Alors automatiquement inscrits, à eux de décider s’ils veulent s’investir et entretenir leur réseau une fois diplômés.
Une clé pour propulser sa carrière ?
L’intérêt de s’investir dans un réseau alumni est multiple. D’abord, pour trouver du travail : 76 % des entreprises ont recours au réseau pour recruter du personnel, d’après une étude de l’Apec, en 2025. Le réseau alumni est une première étape pour entretenir des contacts utiles afin de démarrer au mieux sa carrière, entamer une reconversion professionnelle, ou engager des transitions professionnelles.
Ce type de réseau représente aussi un levier de confiance indispensable pour les recruteurs. Faire partie d’un réseau alumni – qui plus est à la sortie d’une école reconnue comme l’ESCP Business School (85 000 alumni), HEC (80 000), l’Essec (71 000), l’Edhec (50 000) ou l’EM Lyon (48 000) – donne une crédibilité supplémentaire, et vise à garantir la qualité de sa formation et de ses compétences, pour son prochain employeur. C’est aussi une nouvelle occasion de bénéficier de la notoriété de son école, qui attire l’œil autant sur le CV que pendant les entretiens. Ces types de réseaux permettent aussi d’y trouver des mentors, pour bénéficier de leurs conseils et expérience, ou d’apprendre de cette communauté. C’est une source d’inspiration vis-à-vis des parcours non linéaires ou notables d’anciens étudiants.
Mais c’est un réseau qu’il faut entretenir tout au long de sa vie. « Autour de 45 ans, on observe un regain d’intérêt pour le réseau. C’est le moment où vous souhaitez vous reconvertir ou donner un nouvel élan à votre carrière », souligne Baptiste Massot. Ce sentiment d’appartenance est favorable à tout âge, que ce soit pour des conseils, recommandations, ou simplement pour se remémorer l’ancien temps lors de rencontres ou afterworks.
La France accuse un retard
Pourtant, seulement 34 % des diplômés français restent en contact avec leur réseau alumni après cinq ans, d’après une étude de l’Observatoire des diplômés, en 2023. « On a un problème culturel avec la réussite et le sentiment d’appartenance. L’élitisme est mal vu, et l’idée d’un réseau d’influence peut paraître suspecte », explique Monique Dagnaud, sociologue. C’est tout l’opposé de ce que l’on observe aux États-Unis et au Royaume-Uni, d’où le concept a été importé. Harvard Alumni Association compte plus de 420 000 membres… Rien à voir avec les réseaux français qui se développent bien moins vite.
Pourtant, les réseaux alumni sont une clé pour propulser les carrières. L’influence de ces réseaux dans ces pays anglophones est claire, et est devenue un pilier stratégique, autant pour les étudiants – qui en profitent tout au long de leur vie – que pour les universités qui gagnent en prestige.
PAR LÉA JOANNES




























