Temps de lecture estimé : 2 minutes
Un autodidacte pur jus. « Pas bon du tout à l’école » mais ô combien débrouillard, Pieric Brenier a transformé Ceprho – petite enseigne d’équipements de bureau située à Valence, qui n’employait pas plus de quatre personnes en 1991 – en un mastodonte des services numériques aux PME : Koesio. 4 500 collaborateurs, 130 000 clients, un chiffre d’affaires consolidé d’environ 1,2 milliard d’euros… de quoi donner le tournis, y compris à son fondateur, encore touché par le syndrome de l’imposteur.
« Si tu pars à la retraite en ayant créé une entreprise de 50 salariés, tu seras le king ! », s’imaginait, dans ses rêves les plus fous, Pieric Brenier. L’entrepreneur a fait presque cent fois mieux. Son début de parcours, chaotique, l’aurait-il inconsciemment bridé dans ses ambitions ? Une enfance passée à déménager au rythme de la vie professionnelle de ses parents – et notamment de son père qui travaillait à la CFAO* en Afrique –, des études cantonnées à un BTS commerce à Lyon, sans compter un premier échec entrepreneurial aux États-Unis. Malgré les obstacles, Pieric Brenier, homme de terrain et amoureux des autres, a réussi à écrire sa propre histoire.
Koesio, le succès d’une vie
Vendeur hors pair, notamment de photocopieurs, lors de son passage chez Toshiba Lyon, Pieric Brenier nourrit déjà une fibre entrepreneuriale. « J’avais cette âme d’entrepreneur […] et cette envie d’exporter un concept français aux États-Unis : la vente de voitures sur les parkings d’hypermarchés ».
Quelques mois suffisent à mettre fin à l’American Dream, le concept ne prend pas. De retour en France, Pieric Brenier retrouve un poste à Toshiba France pour être à la tête de la région Rhône-Alpes (avant la fusion des régions, ndlr). « Un an après, en 1991, je rachète une petite enseigne à Valence, de quatre personnes, Ceprho, spécialisée dans la vente de photocopieurs ».
Démarre alors une longue série d’acquisitions, dès 1994. En 35 ans, Pieric Brenier et ses équipes ont racheté plus de 200 entreprises ! Dont une première société d’informatique aux débuts des années 2000 et la première entreprise de téléphonie en 2011. Ceprho grandit, au point de devenir Koesio en 2021 – la plus grande acquisition ? son principal concurrent, Koden, en pleine crise sanitaire. « Nous avons construit au fil des années un leader dans la vente de photocopieurs, d’informatique et de télécoms, à destination des PME en Europe », résume l’entrepreneur. En 2025, Koesio a réalisé l’acquisition de Solitium, acteur de référence en Espagne dans le domaine des services IT, logiciels et solutions d’impression.
Humaniste… et sportif !
La succès Koesio s’explique notamment par l’attention portée à la satisfaction des collaborateurs. « Notre seul actif ? ce sont les gens ! Puisque nous avons racheté plus de 200 entreprises, nous n’avons pas vraiment choisi nos collaborateurs et réciproquement… Alors nous devons créer du lien : tout le monde est écouté, respecté, et des temps forts sont régulièrement organisés pour construire un collectif », explique Pieric Brenier.
À l’instar de cet événement qui a réuni l’ensemble des salariés au Palais des Festivals de Cannes, lors du changement de nom du groupe, avec un concert privé des Black Eyed Peas.
« Des collaborateurs heureux, ce sont des clients qui le ressentent aussi, et donc de meilleures performances. Être humain ne veut pas dire que c’est le Club Med », sourit-il. En 2016, Koesio a ouvert son capital à ses salariés via un FCPE d’actionnariat salarié. Une réussite sur tous les plans. Et pourtant. Pieric Brenier le concède : « J’ai toujours l’impression d’être un imposteur, d’avoir eu beaucoup de chance ! C’est une sensation étonnante, encore présente aujourd’hui ».
Et lorsqu’il ne travaille pas, l’électron libre s’adonne à ses passions : l’aviation, en tant que pilote et formateur, mais aussi le vélo ou le kite-surf. Des sensations fortes qui, finalement, ne l’éloignent jamais vraiment de son quotidien : l’entrepreneuriat.
GEOFFREY WETZEL ET JEAN-BAPTISTE LEPRINCE































