Climat : informer et encore bien informer !

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Ezzedine El Mestiri, fondateur du magazine Nouveau consommateur en 2003
Ezzedine El Mestiri, fondateur du magazine Nouveau consommateur en 2003

Alors que la désinformation climatique et les fake news gagnent du terrain, un document intéressant vient d’être publié par l’Agence de la transition écologique (Ademe) qui relate les coulisses d’une information sous pression soutenue courageusement par des journalistes et des scientifiques qui tentent, de rétablir les faits et contrer des récits trompeurs. Par Ezzedine El Mestiri. 

Couvrir le climat, c’est devoir traiter dans l’urgence des sujets qui mériteraient du temps pour apprécier le fondement d’un rapport scientifique, vérifier une donnée et confronter les points de vue. Cela n’est pas évident dans une actualité qui ne cesse d’imposer son rythme rapide.

Alors comment désavouer les mensonges des climatosceptiques qui ne cessent de changer de stratégie. Aujourd’hui, ils ne nient plus le changement climatique lui-même mais ils sèment le doute sur ses causes et minimisent les solutions mises en œuvre. « La communauté scientifique fait face à une nouvelle forme d’attaque qui porte, non plus seulement sur les faits, mais sur leur fabrique et sur la crédibilité accordée à leurs messagers scientifiques, comme journalistes », constate Christophe Cassou, climatologue et directeur de recherche au CNRS.

Vérifier les sources et privilégier les solutions

Par exemple, lors de la dernière canicule, des climatologues et des journalistes météo ont été attaqués sur les réseaux sociaux pour remettre en cause leur expertise. Ils sont accusés d’alimenter l’inquiétude autour du climat. Face à ces polémiques et à ces approximations, les journalistes sont appelés à appliquer les fondamentaux de leur métier : vérifier les sources et privilégier les solutions évaluées et possibles.

« Nous permettons aux journalistes d’accéder à des scientifiques de confiance, grâce à des rencontres professionnelles, des visites de terrain, et bientôt un annuaire en ligne. Nous accompagnons également les chercheurs dans leur prise de parole médiatique : comment rendre un discours accessible, choisir le bon message ou encore transmettre de l’émotion sans perdre en rigueur. » Pour Célia Gautier, fondatrice et directrice de l’association Expertises Climat, il y a vraiment un enjeu démocratique à protéger les médias et leur donner les moyens de faire leur travail au service du citoyen.

Une récente étude de la Fondation Descartes, menée en collaboration avec l’association Plus de Climat dans les Médias montre que la part de la population qui nie l’existence du dérèglement climatique demeure minoritaire, même si elle semble quelque peu augmenter en 2025 (9,2 % en 2025, 7,1 % en 2022). L’intérêt pour l’information sur le climat reste globalement élevé au sein de la population et ne diminue pas entre 2022 et 2025. 70,5 % des interrogés font confiance aux scientifiques du climat.

Un consensus scientifique fort

« Le meilleur moyen de lutter contre les fake news est de favoriser la diffusion de contenus de qualité. En plus de conduire des politiques plus justes, il faudrait que les discours des scientifiques, des décideurs et des journalistes montrent davantage que la transition écologique répond à tous leurs enjeux du quotidien : emploi, santé, pouvoir d’achat, etc. Et que la désinformation fait tout le contraire. », souligne Valérie Martin, cheffe du service Mobilisation Citoyenne et Médias à l’Ademe.

Agir contre le dérèglement climatique, c’est partager un socle de connaissances en restaurant la confiance entre les médias et les citoyens. Le consensus scientifique n’a jamais été aussi fort et juste sur la réalité du changement climatique et ses causes. Le rôle des médias est d’accorder une place importante aux solutions et aux politiques crédibles qui dynamisent la transition écologique. La désinformation climatique ne freine pas seulement cette transition mais elle ralentit l’action publique. Diffuser de faux contenus finit par créer le doute chez les décideurs et les citoyens. A force de dénigrer les solutions de la transition écologique, le citoyen baisse les bras et hésite devant tout changement.

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