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Les utilisateurs de LinkedIn sont-ils devenus fous ? Ces dernières années, le réseau social professionnel semble avoir emprunté les codes de Facebook, X (ex-Twitter), voire… Tinder ! Les algorithmes et la course à l’engagement ont laissé place aux photos de vacances, aux confidences ultra-personnelles et à des querelles dignes de la cour de récréation. Stop. 

« Petit post pour vous dire que je passe en mode off. Après des mois intenses, il est temps de déconnecter. Direction la plage avec les enfants, les glaces, et les couchers de soleil qui remettent les idées en place. Parce que performer, c’est aussi savoir s’arrêter. » Accompagné d’une photo avec les doigts de pieds en éventail face à la mer (au secours). On exagère à peine ! Nous avons tous déjà lu une publication similaire sur LinkedIn. C’est bien Michel, tu es parti en vacances. Mais déconnectes-tu autant que tu le prétends en racontant ta vie… sur un réseau pro ?

LinkedIn n’est pas Instagram ni Facebook…

Et tant qu’on y est : non, LinkedIn n’est pas le lieu approprié pour publier ses photos de vacances ! Instagram a été inventé pour ça. (Soit dit en passant, vos enfants non plus ne veulent pas se retrouver exposés sur les réseaux).

Si LinkedIn partage de nombreuses similarités avec Facebook – code couleur bleu et blanc, photo de profil, liste « d’amis » ou de connexions, possibilité de poster des messages – il faut rappeler qu’à l’origine les premiers utilisateurs de LinkedIn se revendiquaient « anti-Facebook ». Aujourd’hui, cette époque est révolue. La plateforme professionnelle est devenue un espace d’expression comme un autre. On y parle de politique, du dernier film que l’on est allé voir et du nouveau restaurant branché – sans oublier la morale entrepreneuriale en conclusion (on est sur LinkedIn quand même) !

Cette ligne poreuse entre la vie personnelle et professionnelle s’explique par un changement plus global en termes de communication. Aujourd’hui, il ne suffit plus de raconter mais d’incarner. Le storytelling est devenu un art à part entière. Et l’émotion son fil conducteur.

… et encore moins Tinder !

Ou Meetic pour les boomers.

« LinkedIn ? C’est la meilleure application de rencontres ! », dixit Marie (nom d’emprunt, ndlr), cheffe de projets dans la communication, dans les colonnes du Point. Oui, vous avez bien lu. Nous qui pensions (bêtement) que LinkedIn était un réseau où l’on pouvait postuler à des offres d’emploi et échanger sur des sujets professionnels…Selon une enquête publiée par l’entreprise de conseils en numérique Digitiz, près d’un Français sur deux (47 %) a déjà été abordé sur LinkedIn à des fins de séduction et « fréquemment » pour 15 % d’entre eux. Rien d’étonnant lorsque l’on sait que le travail est le deuxième lieu de rencontres amoureuses et les applications le cinquième.

Après tout, pourquoi pas : on échange sur des sujets professionnels et on se découvre des sentiments naissants. Le plus surprenant ? Certains détournent l’usage de LinkedIn à des fins amoureuses. C’est le cas de Marie : « On visite le profil de la personne qu’on convoite, suggère une mise en relation, bascule dans la messagerie privée, et il ne reste plus qu’à engager la conversation ! ». Un jeu d’enfant.

On peut se rassurer : LinkedIn n’a encore rien à voir avec TikTok. On pourra s’inquiéter lorsque le dirigeant d’une entreprise du CAC 40 reproduira des chorégraphies sur une musique de Taylor Swift.

PAR LISA BEGOUIN

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