Filière vélo : une logique d’usage

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Ezzedine El Mestiri, fondateur du magazine Nouveau consommateur en 2003
Ezzedine El Mestiri, fondateur du magazine Nouveau consommateur en 2003

Avec les beaux jours, c’est le retour de l’événement « Mai à vélo », un rendez-vous qui mobilise collectivités, entreprises et citoyens durant tout ce mois, pour remettre le vélo au cœur des déplacements du quotidien. En 2025, l’événement a concerné plus de 7 000 initiatives en France. Par Ezzedine El Mestiri. 

À l’heure du changement climatique, où les villes s’enfoncent dans les embouteillages et où l’énergie devient une question martiale, le vélo n’est plus un simple moyen de transport mais un levier de la transition écologique. Il reste à savoir si la filière vélo est capable de structurer cette évolution. Les derniers chiffres de l’Observatoire du Vélo dans les territoires indiquent que la fréquentation de deux-roues a progressé de 40 % depuis 2019. Rappelons que la crise sanitaire covid-19 a accéléré la pratique en évitant les transports collectifs et en privilégiant des solutions appropriées, flexibles et abordables.

Promouvoir ce mode de transport

En 2024, la France comptait 63 690 km d’aménagement cyclable sécurisé, soit une progression continue ces dernières années. L’usage du vélo ne cesse de s’intensifier dans les grandes agglomérations, mais aussi dans des territoires moins équipés. Dans cette mutation, les politiques publiques ont soutenu les programmes de Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) Avelo, portés par l’Agence de la transition écologique (Ademe). Ces initiatives mises en place dans le cadre du Plan vélo et mobilités actives visent à soutenir les collectivités afin de promouvoir l’utilisation du vélo comme mode de transport quotidien.

Le vélo public et la location longue durée rencontrent un engouement chez les citoyens. On compte 411 services de vélos publics, dont 167 services de location longue ou moyenne durée sur le territoire. Cela représente environ 200 000 vélos. Ces chiffres montrent bien que le vélo n’est plus possédé, mais utilisé selon les besoins. Grâce aux programmes Avelo, près de 50 % des Français ont accès à un service de vélo public et 77 % de ces services proposent des tarifs solidaires ou gratuits.

Des outils d’observation utiles

Le vélo sert aujourd’hui pour la livraison du dernier kilomètre et le transport de marchandises en centre-ville. Cette dynamique crée des emplois, mais aussi de nouvelles nécessités en professionnels compétents : ingénieurs en mobilité douce, mécaniciens et urbanistes. Selon l’Observatoire du cycle de France Vélo, l’économie du vélo représente environ 64 000 emplois équivalents temps plein, répartis entre la production, la vente, le tourisme, la réparation et les services.

La filière vélo s’est dotée d’outils d’observation. Le premier est l’Observatoire du Cycle qui suit l’évolution du marché, la dynamique des équipements, mais aussi des indicateurs comme la progression de la vente de pièces détachées ou des services. Le second outil, c’est l’Observatoire du vélo dans les territoires, qui associe plusieurs bases de données pour produire des indicateurs territoriaux sur l’avancement des politiques cyclables.

Vers une économie de services

Malheureusement, la hausse des prix et l’arrêt de certaines aides à l’achat ont fait stagner le marché du vélo neuf. Dans un récent rapport, la Cour des comptes dresse un bilan contrasté concernant la loi d’orientation des mobilités. Elle pointe un essoufflement et redoute que l’objectif du second plan vélo, soit 100 000 km de voies cyclables en 2030 est hors de portée dans le contexte budgétaire actuel.

Ce changement s’est traduit par la montée en puissance de la réparation. Nous assistons à un développement des ateliers d’autoréparation aux côtés de réparateurs indépendants et des services après-vente. Aujourd’hui, le vélo ne se limite plus à un achat ponctuel mais à une économie florissante qui englobe la réparation, la location, le vélo public ou celui de seconde main. Ainsi, la filière vélo a basculé vers une économie de services qui ne se joue plus seulement à l’achat, mais sur toute la durée de vie du produit qui devrait être entretenu et réparé.

Élément positif et réconfortant pour le cycliste, la filière a lancé en 2024 le « Cyclescore » en s’inspirant du Nutri-score et de l’étiquette énergétique. Mettre en avant les bicyclettes les plus vertueuses d’un point de vue environnemental et sociétal. Une note affichée, entre A et E, s’appuie autant sur les conditions de fabrication que sur une meilleure réparabilité et durabilité.

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