La catastrophe invisible des oiseaux !

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Ezzedine El Mestiri, fondateur du magazine Nouveau consommateur en 2003
Ezzedine El Mestiri, fondateur du magazine Nouveau consommateur en 2003

Le fait est tellement rarissime qu’il mérite d’être souligné. En se basant sur une étude publiée en 2024 par la Zoological Society of London, trois ONG ClientEarth, Sea Shepherd France et Défense des Milieux Aquatiques viennent d’assigner la France en justice devant le Conseil d’État pour son inaction face au risque d’extinction des oiseaux marins. Par Ezzedine El Mestiri. 

En effet, chaque année, des dizaines de milliers d’oiseaux marins sont tués au large des côtes françaises à cause d’engins de pêche, capturés lors de pêcheries ciblant notamment le merlu, le bar et le thon. Parmi les espèces les plus affectées, figurent le puffin des Baléares, le fou de Bassan et le guillemot à miroir, classés en danger d’extinction, selon la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). La plupart d’entre eux sont noyés et rejetés sans même s’échouer sur les côtes.

Réduire les captures

Ce désastre offre le triste privilège à l’hexagone de se situer en tête des dix pays champions en captures accidentelles d’oiseaux marins ! Les activités de pêche françaises seraient responsables de la capture accidentelle d’environ 34 000 oiseaux marins par an. Cette tragédie pourrait être évitée si les lois européennes sur la pêche durable et la protection de la biodiversité étaient correctement appliquées. Notre pays ne protège pas assez les oiseaux marins contre les activités de pêche non sélectives. Pire, il n’a mis en œuvre aucune collecte des données ni des mesures efficaces pour réduire les captures.

Les oiseaux souffrent en mer mais ils ne sont pas épargnés sur terre. Selon une étude de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), les populations d’oiseaux des milieux agricoles en France ont chuté de 32,5 % depuis 2001. Des espèces comme la tourterelle des bois ont vu leur nombre en recul de 57 % depuis le début du siècle. L’alouette des champs a perdu 30 % de ses effectifs ces trois dernières décennies.

Six espèces  sur dix sont en déclin !

L’UICN ne cesse d’alerter sur l’état des oiseaux à travers le monde. Six espèces d’oiseaux sur dix sont en déclin. Même cri d’alarme dans un dernier rapport onusien sur l’état des espèces migratrices dans le monde qui alerte sur le risque d’extinction de nombreux animaux sauvages. Chaque année, des milliards d’oiseaux migrent, parfois sur des milliers de kilomètres, à travers les steppes, les rivières, les océans ou encore dans le ciel. Des animaux essentiels pour la bonne santé de la nature, des humains et le maintien de la biodiversité. Une espèce migratrice sur deux est en déclin, un quart risque l’extinction. Les oiseaux de mer représentent le groupe d’oiseaux le plus menacé. Parmi ces oiseaux, le puffin à pieds pâles actuellement considéré comme menacé à l’échelle mondiale. Les oiseaux de rivage sont aussi concernés par une menace sur leur avenir.

Notre activité humaine a des conséquences désastreuses sur les populations aviennes, qu’elles soient sédentaires ou migratrices. Il est urgent de s’en rendre compte avant que le monde se replonge dans des printemps silencieux !

« Protéger les oiseaux, c’est nous protéger nous-mêmes et protéger la biodiversité ainsi que l’espèce humaine », remarque l’ornithologue Philippe J. Dubois.

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