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Quitter son job non pas pour un meilleur salaire, mais par conviction. Le « conscious quitting » s’impose comme une nouvelle réalité dans les bureaux, et révèle l’importance pour les salariés d’être alignés aux valeurs de leur entreprise.
Après le « quiet quitting », qui consistait à lever le pied sans démissionner, une nouvelle tendance émerge : le « conscious quitting ». Derrière ce terme, une idée simple, quitter volontairement son emploi lorsque celui-ci n’est plus en accord avec ses valeurs. Ce phénomène s’inscrit dans une transformation profonde du rapport au travail. Aujourd’hui, il ne suffit plus d’avoir un poste stable ou bien payé. Les salariés veulent comprendre pourquoi ils travaillent, et surtout pour qui.
Quand les valeurs passent avant le poste
Pendant longtemps, démissionner relevait d’un calcul pragmatique : évolution de carrière, salaire, conditions de travail, etc. Désormais, les raisons sont plus intimes, plus profondes. On quitte aussi un job parce qu’on ne s’y reconnaît plus. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : un salarié sur trois a déjà quitté son entreprise pour des raisons de valeurs, et près d’un sur deux se dit prêt à le faire si la situation l’exige selon le Net Positive Employee Barometer (45 % au Royaume-Uni et 51 % aux États-Unis, les deux pays surveillés par le baromètre). Mieux encore, 35 % des actifs seraient prêts à accepter un salaire inférieur pour travailler dans une entreprise plus alignée avec leurs convictions selon le même rapport relayé par le groupe Randstad.
Ce basculement est particulièrement visible chez les jeunes générations, qui refusent de faire des compromis sur le sens. Comme le résume Helloworkplace, « le conscious quitting consiste à quitter son emploi pour des raisons éthiques ». Autrement dit : le travail n’est plus seulement un moyen de vivre, il devient un reflet de ce que l’on est !
Les entreprises face à un nouveau test
Ce changement de mentalité met les entreprises face à leurs responsabilités. Fini le temps des discours creux : les salariés attendent des engagements concrets, notamment sur les enjeux environnementaux et sociétaux. En France, une enquête réalisée par l’Unédic et l’institut Elabe en 2023 révèle que 44 % des salariés pourraient quitter une entreprise dont les pratiques vont à l’encontre de la transition écologique, et 48 % refuseraient même d’y postuler. Dans le même esprit, deux employés sur trois estiment que les entreprises n’en font pas assez sur les grandes questions de société.
Pour certains dirigeants, le message est clair. « L’ère de la démission consciente est en marche », prévient Paul Polman, ancien PDG d’Unilever, une phrase tirée du rapport du Net Positive Employee Barometer. Le conscious quitting agit donc comme un révélateur. Il oblige les organisations à aligner leurs valeurs affichées avec leurs actions réelles. À défaut, les talents n’hésitent plus à partir.

































