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C’est officiel : les compétences détrônent le diplôme aux yeux des employeurs ! Une tendance baptisée « skills-first hiring » qui illustre ô combien le monde du travail est en profonde transformation. Comment ce phénomène se traduit-il concrètement au sein d’une entreprise ?
Skills-first hiring. Et oui, encore un anglicisme ! Pour les non-bilingues, il faut comprendre : « recrutement qui privilégie les compétences. » En effet, d’après un sondage LinkedIn Global Talents Trends, publié en 2024, 75 % des recruteurs privilégient aujourd’hui les compétences par rapport aux qualifications académiques.
« Elles (les compétences, ndlr) redéfinissent les trajectoires professionnelles des actifs français. Dans les secteurs en tension croissante, les recruteurs sont plus attentifs aux compétences, et de moins en moins aux diplômes », complète Éric Gras, expert du marché de l’emploi chez Indeed, dans les colonnes de Courrier Cadres.
Signe d’un monde du travail en plein bouleversement
Il y a quelques années encore, le diplôme était le Saint Graal sur le marché du travail. Mais l’essor des cours en ligne, des formations intensives et des parcours autodidactes a rebattu les cartes : l’idée selon laquelle il constituerait l’unique voie vers la réussite s’effrite peu à peu.
Selon une étude de McKinsey, 40 % des employeurs en Europe déclarent avoir recruté au moins un collaborateur sans diplôme supérieur, mais disposant de compétences immédiatement opérationnelles. Un signal fort qui confirme une tendance de fond : les compétences inscrites sur le CV prennent désormais le pas sur le seul parcours académique.
Dans un contexte d’accélération des transformations technologiques, les entreprises recherchent avant tout des profils capables d’apprendre vite et de s’adapter. À cela s’ajoute une pénurie de talents dans certains secteurs, qui incite les recruteurs à élargir leurs critères. Enfin, la multiplication des trajectoires professionnelles, comme les reconversions, les expériences à l’international ou les parcours hybrides, contribue à valoriser davantage les savoir-faire concrets.
Les diplômes ne sont pas caducs pour autant !
Le phénomène du skills-first hiring ne rend pas le diplôme obsolète pour autant. En effet, il reste, pour une grande partie des employeurs, un gage de crédibilité.
Le diplôme continue ainsi de jouer un rôle de repère dans le processus de recrutement, sans toutefois garantir à lui seul la compétence ou la capacité d’adaptation. Sa portée reste aussi symbolique car 53 % des recruteurs déclarent qu’ils verraient d’un mauvais œil un collègue accéder à un poste sans le diplôme correspondant.
Son importance varie néanmoins selon l’âge des candidats. Chez les moins de 30 ans, un quart des recruteurs estime qu’il reste essentiel, tandis que 55 % considèrent qu’il pèse autant que les compétences démontrées. À l’inverse, pour les profils plus expérimentés, les compétences prennent nettement le dessus. Pas moins de 45 % des recruteurs privilégient l’expérience et les savoir-faire concrets, contre seulement 15 % qui continuent de placer le diplôme en priorité.
Du côté des étudiants, l’attachement au diplôme demeure fort : 82 % le jugent important pour réussir, dont un tiers très important. Pourtant, moins de la moitié estiment que leur niveau d’études correspond réellement aux attentes du marché du travail. Signe d’un décalage persistant entre formation académique et besoins des entreprises. Et à l’heure où certains métiers sont menacés par l’IA, mieux vaut miser sur les qualités qu’elle ne peut pas remplacer. Pourquoi ne pas allier diplôme et compétences ?































