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Le leitmotiv des organisateurs d’événements : rendre aux visiteurs une expérience optimale – et ce de A à Z. Ce qui suppose une préparation minutieuse. Entrent alors en scène les acteurs de l’eventech.

Chaque année en France plus de 350 salons professionnels sont organisés. Et d’après les chiffres de l’Unimev (Union Française des Métiers de l’Événement), le secteur représente plus de 455000 emplois directs et indirects et génère près de 65 milliards de chiffre daffaires par an. Une manne financière non négligeable qui résonne comme une aubaine pour l’eventech, soit « l’écosystème des acteurs technologiques et digitaux qui répondent aux besoins des professionnels de l’événement », précise Pascal Laforest, co-CEO d’inwink, plate-forme événementielle et communautaire.

Pascal Laforest, inwink

Ils s’appellent « VivaTech » ou « BIG » – Viva Technology ou Bpifrance Inno Generation pour les non-initiés. Deux références dans le monde de l’entrepreneuriat et de l’innovation. On aurait pu y ajouter, à plus petite échelle, tech&fest, qui a parfaitement négocié sa première édition en février dernier et qui remettra le couvert en 2025. Leur point commun ? la plate-forme événementielle inwink utilisée pour faire de ces rendez-vous une réussite. « L’eventech est un marché ultra-concurrentiel, avec nombre d’acteurs mais aux solutions atomisées […] Un problème auquel inwink a voulu répondre pour se démarquer. La dimension data est aussi cruciale, les organisateurs veulent mieux collecter les données pour tout connaitre sur leur audience et ainsi adapter leur offre chaque année », explique Pascal Laforest. L’eventech, c’est tout cela : ces plates-formes qui gèrent les inscriptions, la billetterie, les invitations, les interfaces des événements s’ils proposent un format en ligne, etc. Un marché qui attire aussi les gros poissons, à l’instar de « Voilà », la joint-venture co-imaginée par Orange et Publicis en 2022 au service de la digitalisation des événements.

Formats en ligne, domination de l’hybride

« On a commencé à parler des salons virtuels il y a environ dix ans […] En 2013 nous avons organisé le premier salon virtuel pour notre client Toshiba, entreprise férue d’innovation », lance Sigrid Deprat, directrice générale de l’agence en Personne virtual, et qui recourt justement à la solution inwink pour accompagner ses clients. En 2017, Sigrid Deprat, aux côtés du président du groupe de communication en Personne Alain Bosetti, lancent une plate-forme virtuelle : « Nous avons senti quelque chose au fil des années […] On proposait l’organisation de salons virtuels à nos clients, pas toujours réceptifs au départ car l’idéal était de se retrouver physiquement, autour d’un buffet et d’animations, le tout dans un lieu choisi avec soin. La crise covid-19 est arrivée, et avec elle les appels successifs de nos clients en quête de mise en place d’événements virtuels pour poursuivre leur activité », détaille Sigrid Deprat. Pendant un temps, les stands 3D et échanges par écran interposé sont devenus l’unique façon d’organiser un salon professionnel.

L’exceptionnel, par définition, ne dure pas. Au lendemain des mises sous cloche successives, le besoin de se retrouver réellement refait surface. « D’un point de vue business, je pense vraiment que l’on accomplit plus de choses en présentiel. Pour nombre de managers, ces événements physiques leur permettent aussi de souffler, et de casser la routine du bureau et des visios », estime Pascal Laforest, d’inwink. Mais des crises les nouvelles habitudes ne disparaissent pas complètement. D’où l’émergence des formats hybrides, préférés par nombre d’organisateurs d’événements aujourd’hui. Une nouvelle donne à laquelle doivent s’adapter les acteurs de l’eventech. « En termes de stratégie de communication, il faut veiller à ce que le format en ligne n’entrave pas le désir de tous les visiteurs à se rendre physiquement sur un événement […] C’est pourquoi la possibilité d’assister à un salon professionnel à distance par exemple est parfois précisée bien après l’annonce du rendez-vous physique », pointe Pascal Laforest.

Des événements plus verts

Sigrid Deprat, en Personne virtual

« En moyenne, le transport des biens et des personnes représente 75 % du bilan carbone d’un événement », chiffre l’Ademe. Bien sûr, si tous les événements deviennent en ligne… le coût du transport tombe à zéro ! Mais est-ce le 100 % distanciel que nous souhaitons pour l’avenir ? Des solutions alternatives, comme le covoiturage, se doivent d’être encouragées. Surtout, chaque événement doit justifier le déplacement – prendre sa voiture, seul, à un salon professionnel par exemple pour y rester moins d’un quart d’heure est-il bien nécessaire ? Les acteurs de l’eventech constatent cette prise de conscience, leurs clients veillent davantage que par le passé à cette dimension « RSE ». « Il faut être capable de se poser les bonnes questions : l’idée n’est parfois pas simplement de réduire l’utilisation de moquette, mais plutôt de se demander si les organisateurs en ont réellement besoin », illustre Sigrid Deprat. Aller au-delà des mesurettes donc. « Les événements sont par nature temporaires, là étant le principal problème […] Il est donc indispensable d’imaginer une seconde vie aux matériaux utilisés lors de ces rendez-vous éphémères. Des acteurs se créent autour du recyclage », renchérit Pascal Laforest, qui rappelle que le secteur est soumis à la norme ISO, créée en juin 2012, dans le cadre des Jeux olympiques et paralympiques de Londres. Dans le détail, cette norme internationale développée par ISO, l’Organisation internationale de normalisation, est dédiée aux « systèmes de management responsable appliqués à l’activité événementielle ».

Et le métavers dans tout cela, le secteur de l’eventech doit-il s’y mettre ? « Le métavers ? C’est un gadget dans notre domaine. Ni plus ni moins. Je ne crois pas du tout à cette révolution du métavers qui viendrait bouleverser l’événementiel », tranche Pascal Laforest, catégorique. Beaucoup de bruit pour pas grand-chose le métavers ?

Rédacteur en chef. Formé en Sorbonne – soit la preuve vivante qu'il ne faut pas « nécessairement » passer par une école de journalisme pour exercer le métier ! Journaliste économique (entreprises, macroéconomie, management, franchise, etc.). Friand de football et politiquement égaré.

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