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Le dérèglement climatique met de plus en plus sous tension le système d’assurance. Il nous faudrait envisager l’avenir avec son cortège de sécheresses, d’inondations et d’incendies. Sous nos yeux, les catastrophes naturelles se multiplient pendant que les risques explosent. La préoccupation des assureurs est d’absorber ces chocs en réduisant leurs garanties, en augmentant leurs tarifs et quelquefois à déserter certains territoires. Par Ezzedine El Mestiri.
Selon France Assureurs, les sinistres climatiques ont coûté 5,2 milliards d’euros en 2025. Ainsi, décennie après décennie, la moyenne des coûts des sinistres climatiques ne fait qu’augmenter du fait du climat. Entre 1990 et 2009, les sinistres climatiques avaient coûté en moyenne 2,7 milliards d’euros et 1,6 milliard entre 1982 et 1989.
Un récent rapport de la Cour des comptes pointe la fragilité du régime Cat-Nat, pour « Catastrophe naturelle », mis en place en France il y a plus de 40 ans pour compenser les dégâts causés par des phénomènes naturels d’intensité exceptionnelle. Face aux impacts du changement climatique, il est mis à mal. Ce régime qui couvre la quasi‑totalité des logements assurés en France, repose sur la solidarité nationale. Mais face à la multiplication des sinistres, la surprime CatNat est passée de 12 % à 20 % en 2025.
Des compagnies d’assurances réticentes
Aujourd’hui, assurer sa maison, son entreprise, ou même un territoire devient de plus en plus ardu. L’augmentation des catastrophes naturelles pèse de plus en plus lourdement sur les communes et certaines compagnies d’assurances deviennent réticentes à les couvrir au moment où les solutions publiques restent limitées. Ces sinistres à répétition, mettent à rude épreuve le système assurantiel et fragilisent le portefeuille des citoyens, premiers exposés à la hausse des primes et à la réduction de leurs garanties.
Rappelons que lorsqu’un territoire devient difficile à assurer, c’est toute sa dynamique économique qui est affectée. Les projets économiques diminuent, les prix de l’immobilier s’ajustent et la facture sociale s’alourdit. Cela accentue aussi les inégalités entre les ménages les plus exposés, les moins mobiles et les populations plus aisées qui peuvent se déplacer ou mieux s’assurer.
Intervenir avant le sinistre
En 2026, Generali, MAIF et Société Générale Assurances se sont associés à deux spécialistes de l’analyse des risques, Saretec et Sixense pour créer Geoya, une coentreprise, dédiée à la prévention des risques climatiques qui développe des outils et des services destinés à mieux accompagner les sinistrés. L’objectif est de proposer une gamme de diagnostics destinés aux particuliers comme aux professionnels, afin de limiter l’exposition aux risques climatiques et réduire l’ampleur des dommages futurs. Intervenir avant le sinistre pour en réduire le coût.
Dans un rapport consacré aux politiques climatiques territoriales, le Haut Conseil pour le climat veut repenser en profondeur le rôle de l’assurance qui doit devenir un levier de prévention. Comment consolider la place centrale de l’assurance dans la gestion des pertes et dommages ? Éviter un déficit de protection et un désengagement progressif des assureurs. Pour l’association des consommateurs l’UFC-Que Choisir, le climat fait flamber les primes et menace l’assurabilité de certains territoires. Elle appelle à une réforme urgente du modèle assurantiel. En suggérant une obligation pour les professionnels de proposer une assurance habitation à tous les ménages, quel que soit le lieu d’habitation et un raccourcissement des délais d’indemnisation. Garantir aussi la pérennité du régime CatNat en orientant l’aménagement des territoires, compléter et consolider les cartographies nationales des risques pour en faire un outil stratégique de prévention.




























