Garder nos rivières vivantes

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Ezzedine El Mestiri, fondateur du magazine Nouveau consommateur en 2003
Ezzedine El Mestiri, fondateur du magazine Nouveau consommateur en 2003

Il y a des solutions pour garder nos rivières vivantes

Chaque année, 1 000 tonnes de mercure sont déversées dans les rivières du monde. Une récente étude de l’Université de Tulane (États-Unis) montre que ce niveau de pollution a plus que doublé depuis l’ère préindustrielle, menaçant l’environnement et la santé humaine. La revue Environmental Science and Pollution Research, rapporte de nombreux travaux scientifiques attestant que tous les fleuves européens subissent une alarmante pollution aux microplastiques, invisibles à l’œil nu et dangereux pour les organismes vivants. Mais qu’en est-il de nos cours d’eau en France ? 

Durant cette période estivale, certains d’entre nous font le choix d’une pause dans la nature en appréciant les inspirantes ballades dans les forêts et le long des ruisseaux et rivières. Selon la carte nationale des cours d’eau établie par l’Institut national de recherche sur l’alimentation, l’agriculture et l’environnement (Inrae), la France métropolitaine compte plus de deux millions de ruisseaux, torrents, rivières, fleuves, ce qui fait 680 000 km de cours d’eau au total. C’est une grande richesse écologique majeure.

Des fonctions écologiques insoupçonnées

Les cours d’eau sont des réservoirs de biodiversité qui abritent un grand nombre d’espèces. Or pour la majorité d’entre eux, c’est loin d’être le cas ! C’est ce qui révèle une récente étude « Pour des rivières vivantes », réalisée en 2024 par WWF France qui alerte sur le déclin de la biodiversité dans les rivières en tirant la sonnette d’alarme sur les menaces qui pèsent sur un écosystème en danger. C’est la première fois que l’ONG publie l’Indice Rivières Vivantes (IRV) qui mesure l’évolution de l’état de la biodiversité. Cet indice régresse légèrement en vingt ans : environ 0,4 % de diminution depuis 2001. Cela signifie que le nombre des populations de poissons et d’oiseaux observés en rivière a diminué en moyenne de 0,4 % depuis le début du XXIe siècle.

« Ces écosystèmes très diversifiés contribuent à l’économie, à la sécurité alimentaire et au bien-être humain. La plupart de nos villes anciennes se sont développées autour des fleuves, qui permettent le transport des biens et des personnes. Et surtout, les cours d’eau remplissent des fonctions écologiques insoupçonnées en servant d’habitat et de couloir de migration aux espèces terrestres et aquatiques, en régulant les crues et la température ou en contribuant à l’épuration des eaux et la recharge des nappes phréatiques », rappelle Véronique Andrieux, directrice générale du WWF France.

La qualité de l’eau reste préoccupante pour nombre de ces rivières avec un état chimique dégradé puisque seulement 44,7 % des masses d’eau superficielles sont en bon état chimique en 2019. Il y a des solutions pour garder nos rivières vivantes. Préserver des zones humides, mettre en place un programme de restauration de grande ampleur des cours d’eau et réévaluer la fiscalité de l’eau pour appliquer le principe pollueur-payeur face aux impacts des pollutions agricoles diffuses sur la ressource en eau. Nos rivières remplissent des fonctions essentielles et elles doivent être maintenues dans un bon état, une condition première et déterminante pour notre adaptation au changement climatique. Il est temps de les protéger ! « Les rivières ne se précipitent pas plus vite dans la mer que les hommes dans l’erreur », écrivait Voltaire.

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