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TRIBUNE. À mesure que les carrières se transforment et que les compétences évoluent, une certitude s’impose : on n’apprend plus un métier une fois pour toutes. Dans ce contexte, la formation professionnelle est devenue incontournable. Pourtant, une question demeure : comment passer d’une formation perçue comme une obligation à une expérience réellement transformatrice ? Par Benoît Léturgeon, directeur France de Tack TMI, organisme de formation de Gi Group Holding.
Un constat sans appel : les entreprises qui investissent 1,5 fois plus dans la formation de leurs équipes que la moyenne voient leur turnover chuter de 30 %. Ces données ne mentent pas, former n’est plus une option, mais un levier stratégique de performance et de fidélisation. Pourtant, malgré ces preuves tangibles, près d’une PME sur deux hésite encore à franchir le pas, préférant souvent la prudence budgétaire à l’investissement dans les compétences.
Et si, au fond, il fallait changer de regard… et considérer la formation comme une expérience immersive et comme un voyage ?Analyse en six axes.
1. Sortir de la formation subie
Pendant longtemps, la formation a été pensée comme une simple redescente d’information : un moment ponctuel, souvent déconnecté du quotidien, où l’on venait « acquérir » du savoir. Une salle, un formateur, des participants. Puis chacun repartait, avec plus ou moins de souvenirs… et parfois peu de changements concrets.
Mais dans un monde en mouvement permanent, cette logique atteint ses limites. Car apprendre ne se résume pas à recevoir une information. Apprendre, c’est évoluer, expérimenter, intégrer.
Autrement dit, apprendre, c’est voyager en immersion.
2. De la formation à l’expérience immersive
Penser la formation comme une expérience immersive, sorte de voyage pédagogique, change profondément la perspective. Un voyage ne se limite pas à un point de départ et un point d’arrivée. Il commence bien avant le départ, se construit à travers des étapes, des expériences, des rencontres, et se prolonge une fois de retour.
C’est exactement ce que doit devenir la formation aujourd’hui. Avant même d’entrer en formation, le collaborateur est invité à se situer, à mieux se connaître, à comprendre ses enjeux. Des outils de positionnement ou des contenus préparatoires amorcent déjà le déplacement.
Puis vient le cœur du voyage : l’expérience immersive. Mises en situation, interactions, simulations… Le participant n’est plus spectateur, il devient acteur. Il teste, ajuste, se confronte à des situations proches de son quotidien. Il vit, concrètement, ce qu’il devra ensuite reproduire.
Et comme tout voyage, l’essentiel ne se joue pas seulement pendant, mais aussi après. Le retour d’expérience, le coaching, l’accompagnement permettent d’ancrer les apprentissages et de transformer l’essai dans la réalité professionnelle.
3. L’expérience immersive comme moteur de transformation
Ce qui distingue une formation classique d’un véritable voyage pédagogique (parcours apprenant), c’est l’intensité de ce qui est vécu. On retient peu ce que l’on entend. On retient davantage ce que l’on fait. Mais on transforme réellement ce que l’on a vécu.
En plongeant les participants dans des situations concrètes, parfois déstabilisantes, on leur permet de dépasser le simple cadre théorique. Ils expérimentent leurs réactions, prennent conscience de leurs forces et de leurs axes de progression, et développent des réflexes directement mobilisables.
L’erreur devient une étape du voyage, un levier d’apprentissage puissant.
4. Un voyage qui engage et fidélise
Un voyage laisse une trace. Il transforme. Lorsqu’un collaborateur vit une expérience de formation riche et utile, il ne se contente pas d’apprendre : il se sent reconnu, accompagné, valorisé. Il perçoit l’investissement de l’entreprise à son égard, ce qui renforce naturellement son engagement et son attachement. Les organisations qui forment régulièrement leurs collaborateurs enregistrent une amélioration de la satisfaction client et réduisent le turnover.
Dans un contexte où la fidélisation est un enjeu majeur, cette dimension est loin d’être secondaire.
5. Voyager ensemble pour mieux travailler ensemble
Un voyage est aussi une aventure collective. Et la formation, lorsqu’elle est pensée comme telle, devient un puissant vecteur de lien. Elle permet de réunir des collaborateurs de différents horizons, de partager des expériences, de créer des connexions. Dans des organisations parfois cloisonnées, ces moments deviennent essentiels pour renforcer la cohésion et favoriser la collaboration.
Ils offrent également une respiration dans des quotidiens souvent contraints, un espace pour prendre du recul et se réaligner.
6. Donner du sens et mesurer l’impact
Enfin, comme tout voyage, la formation doit avoir une direction claire. On ne part pas sans intention. Les entreprises attendent aujourd’hui des dispositifs capables de produire des résultats concrets. Cela suppose de concevoir des parcours cohérents, progressifs, adaptés aux enjeux, et de mesurer leur impact dans le temps.
C’est cette structuration qui permet au voyage d’expérience de devenir un véritable levier de transformation. La formation professionnelle ne peut plus être un simple passage obligé. Elle doit devenir une expérience structurée, engageante et durable. En la pensant comme un voyage d’expérience, les entreprises ne proposent plus seulement des formations : elles créent des parcours qui transforment ! Quel voyage d’expérience sommes-nous prêts à offrir pour faire réellement grandir nos talents ?
Source : https://alternative-emploi.com/impact-de-la-formation-sur-la-performance-de-lentreprise-tout-ce-quil-faut-savoir/




























