Le quiet vacationing, c'est profiter de quelques jours de congé... en télétravail.
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Partir en vacances sans prévenir son employeur ? Ce n’est plus un rêve pour certains, qui utilisent le télétravail pour camoufler quelques jours de congés. Le quiet vacationing – ou vacances silencieuses en bon français – consiste à télétravailler… autrement ! 

C’est aussi l’une des peurs des dirigeants, de voir leurs collaborateurs actifs en ligne, sans vraiment l’être. Et plutôt que de travailler depuis son canapé, ils y gagnent quelques jours de vacances. Au bord de la plage, ou en randonnée, les plus malins ont tout un tas de techniques. Programmer des mails, utiliser des logiciels qui font bouger la souris pour rester connectés… Un concept fou qui vient des États-Unis, là où les travailleurs disposent de moins de jours de congés qu’en France. Et où le surmenage est de mise pour se maintenir à son poste… Mais c’est une pratique qui pourrait être universelle, et à laquelle il faut prêter attention. 

Un pêle-mêle de complications 

Si c’est la Gen Z qui est habituellement critiquée dans le monde du travail, cette fois, elle n’est pas la première en ligne de mire. D’après une étude menée en 2024 par The Harris Poll aux États-Unis, 28 % des salariés américains ont déjà pris du temps libre sans l’accord de leur manager. Et ça monte à 37 % chez les millenials ! Pourtant – et tout le monde le sait – les risques pour les entreprises sont élevés. À commencer par les failles juridiques ou pour la protection sociale de l’employé en cas d’accident. Mais aussi pour la cybersécurité de l’entreprise ! Un employeur qui se connecte au café du coin est plus susceptible de mettre les données sensibles de l’entreprise en danger… 

Ce sont dans les environnements de travail difficiles que les risques de quiet vacationing sont les plus élevés. Devoir être constamment disponible (31 %), avec une charge de travail importante (30 %),  et culpabiliser de voir ses collègues assumer sa charge de travail (21 %)… Mais aussi lorsque la sécurité psychologique est inexistante. D’après The Harris Poll, 47 % des Américains culpabilisent de demander des jours de congés. Et dans des environnements aussi compétitifs, prendre du temps pour soi peut s’apparenter à un manque d’engagement. Aujourd’hui, les places en entreprise coûtent cher. 

Faire confiance… sans être dupe 

La solution miracle n’existe pas, et la pire chose à faire est sûrement de se transformer en espion pour tracker les moindres faits et gestes de ses employés. Favoriser l’écoute et la bienveillance pour comprendre les besoins réels du collaborateur, respecter le droit à la déconnexion, et repenser ses attentes en faisant confiance au travail bien fait – peu importe comment il est fait, tant qu’il est livré dans les temps. 

Il y a aussi des dirigeants qui veulent interdire le télétravail. Mais attention : c’est aussi la motivation, l’engagement et la fidélité des collaborateurs à l’entreprise qui se joue. 51 % des salariés qui télétravaillent déjà deux jours par semaine souhaiteraient davantage travailler à distance, d’après l’Observatoire du télétravail, en 2025. 54 % envisagent même de quitter leur entreprise si le télétravail venait à être supprimé ! Alors la clé reste la confiance avant tout. Mais attention à ne pas être trop laxiste. Il faut trouver l’entre-deux idéal, pour exiger de la performance, tout en apprenant à fermer les yeux. Et pour le dirigeant, ou les managers, c’est aussi un moyen de gagner du temps pour gérer son propre travail, sans devoir surveiller celui de ses équipes. Donnant-donnant.

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