Temps de lecture estimé : 2 minutes

Ce 22 avril, l’humanité célèbre la Journée de la Terre dont le thème, cette année, est consacré à la sobriété. Comment changer notre regard sur la sobriété pour imaginer un monde nouveau ? Ce rendez-vous annuel mobilise les citoyens, les collectivités et les associations pour en faire un grand moment de prise de conscience et d’action. Par Ezzedine El Mestiri.
L’année dernière, un milliard de personnes ont participé à des activités et des événements organisés à l’occasion dans plus de 193 pays.
La Journée de la Terre est née en 1970 aux États-Unis grâce au sénateur Gaylord Nelson qui lança une journée nationale d’éducation populaire sur les campus universitaires en mobilisant ses collègues du monde politique. « Les faibles, remarquait-il, sont déjà en train de mourir : les arbres sur les côtes du Pacifique, les poissons de nos cours d’eau et de nos lacs, les oiseaux, les cultures et les moutons, et les gens aussi ». À partir des années 90, le mouvement s’est universalisé en devenant un mouvement citoyen mondial incontournable.
Un état grave d’ébriété
Dans son rapport annuel de 2022, dédié aux solutions pour limiter les impacts de la crise climatique, le Giec consacre un chapitre entier à la sobriété qu’il définit comme « l’ensemble des mesures et de pratiques quotidiennes qui permettent d’éviter l’utilisation d’énergie, de matériaux, de terres et d’eau tout en garantissant le bien-être de tous dans le cadre des limites planétaires ».
Notre société est en état grave d’ébriété. Elle est dopée à la consommation de ressources. Nous en consommons beaucoup trop, et plus que ce que notre planète est capable de reconstituer. Nous gaspillons bien au-delà de ce que la planète peut supporter. Face à l’urgence climatique, la sobriété s’impose comme une solution pour éviter le pire. En France, nous ne pourrions continuer à maintenir un mode de vie démesuré car si toute l’humanité consommait comme nous, il faudrait 1,75 planète pour subvenir à nos besoins. Nous déplorons une chute de 69 % de la biodiversité mondiale depuis 1970. Plus de 100 milliards de tonnes de ressources naturelles extraites chaque année, dont seulement 8,6 % sont recyclées !
Nous libérer de tant de superflu
Il est temps de nous demander ce que l’on produit, pour répondre à quels besoins, et à quel coût environnemental, social et économique. Imaginer d’autres alternatives en repensant notre consommation sans détruire et surtout réinventer notre rapport aux autres, aux objets et à notre quotidien. Nous sommes les hôtes responsables de la planète et nous devrions agir ensemble pour sa préservation. Loin d’être une privation, la sobriété est une attitude qui peut nous libérer de tant de superflu, d’inutile et d’éphémère dans une société où nous croyons que notre bonheur se paie par l’épuisement des ressources. La sobriété nous délivre d’un modèle de consommation insoutenable qui fait rimer possession avec bonheur. Elle nous offre une vie plus légère, plus intense et en harmonie avec l’environnement.
La Journée de la Terre nous rappelle la nécessité de passer à une économie plus durable, qui bénéficie à la fois à l’humanité et à la planète. Tourner le dos à la démesure, l’excès, l’outrance, le gaspillage et la surconsommation. « La sobriété est une option heureuse qui produit une vie allégée, tranquille et libre. Le bonheur n’est pas dans la possession, dans l’avoir, mais dans l’être », écrivait le philosophe écologiste Pierre Rabhi.






























