« On fait un point », « je te mets dans la boucle », « sortir de sa zone de confort » … on les a toutes déjà entendues (ou prononcées) au moins une fois. Ces expressions qui font partie du langage courant de l’entreprise… mais qu’il faudrait bannir au plus vite tant elles sont insupportables ou tout simplement incompréhensibles !
Une étude Preply réalisée avec Censuwide auprès de 1 500 Français et publiée fin mai 2026 est venue confirmer ce que nous savions déjà : il existe bon nombre d’expressions au bureau que l’on ne supporte plus ! En haut du classement des expressions les plus irritantes, on retrouve l’évasif « On revient vers toi » (15,26 %) à égalité avec l’incompréhensible « C’est OK », et « C’est dans le pipe » qui ferme le podium pour 14,26 % des répondants. Toutes ces expressions font partie de ce que l’on appelle le corporate speak (oui encore une expression douteuse). Comprenez le « langage de bureau », qui se codifie ces dernières années à l’ère de la start-up nation, des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle.
Les anglicismes… c’est STOP !
Comme si la langue de Molière n’était pas assez riche pour parler « d’appels », de « réunions » ou de « retours ». Ce côté américain à la cool (l’anglicisme est ici à propos) est devenu insupportable. D’autant qu’il n’y a rien de moins « cool » qu’un Américain qui travaille de 6 heures à 23 heures et mange devant son ordinateur entre deux « confs » et cinq cafés Starbucks.
Alors, certes le mot start-up est entré dans le langage courant mais ce n’est pas une raison pour sortir des phrases comme : « je te fais un feedback après mon call pour te donner plus de précisions sur la deadline. » Pour preuve : selon l’étude Preply, 16 % des Français considèrent que les anglicismes au bureau sont « souvent agaçants ». On a envie d’ajouter « toujours agaçants », mais on se retient !
Les expressions qui ne veulent rien dire
Parce que la novlangue n’existe pas que chez George Orwell et que le bureau est d’ailleurs son terrain de jeu favori. On pense en particulier aux expressions qui, à force d’être répétées, finissent par être vidées de leur substance et qui deviennent avec le temps des automatismes de langage plus que de véritables outils de communication.
À force de mettre de la « bienveillance » à toutes les sauces, on en oublie que cela ne signifie pas organiser des afterworks tous les mardis soir, mais plutôt être à l’écoute de ses collègues et de ses salariés. Cerise sur le gâteau, « ça fait sens », qui se classe 12e dans le classement de Preply. A-t-on besoin de développer ?
Comme dit plus haut, « Et c’est OK » se place en deuxième position du classement Preply. Et celle-ci on peut dire qu’elle a mérité sa place sur le podium : on combine un anglicisme et une phrase qui ne veut rien dire.
Bonus : les injonctions déguisées
Alors là, c’est la crème de la crème du management passif/agressif, ou du collègue qui se prend pour votre patron. Il faut « sortir de sa zone de confort », « être force de proposition » et « prendre le lead ».
L’étude Preply donne quand même des explications sur la démocratisation de ces expressions dans l’entreprise. D’abord, il y a une forme de mimétisme : si tout le monde le dit, on n’a pas envie d’être le seul à ne pas suivre ! Ensuite, une recherche d’efficacité, en apparence seulement. Les mots sont courts, souvent compréhensibles à l’international – et sans mentir c’est surtout un moyen de se la péter un peu…





























