
Presque à chaque dîner entre amis, surgit dans la conversation des préjugés et des inconvénients qui accablent la voiture électrique. Les idées reçues sur son usage restent tenaces. Un prix élevé, une autonomie restreinte, difficulté des batteries et pour finir un bénéfice nul pour le climat ! La nouvelle note publiée par l’Agence de la transition écologique (Ademe) vient à point pour contrer ces marottes à des données solides. Par Ezzedine El Mestiri.
C’est vrai, à l’achat, la voiture électrique est plus chère. Mais, il y a des aides publiques, prévues pour les véhicules neufs : « Le coup de pouce », ouvert à tous les ménages, pour un achat comme pour une location. Son montant dépend des revenus du foyer. Quant au leasing social, il s’adresse aux ménages modestes en leur permettant de louer une voiture électrique neuve pour 200 euros par mois au maximum, pendant au moins trois ans. Ces soutiens rendent l’électrique compétitive face à une thermique.
Le passeport numérique de la batterie
La batterie pèse lourd dans le prix d’une voiture électrique, et son empreinte carbone s’accroit avec sa capacité. À partir du 18 février 2027, toutes les voitures seront dotées d’un passeport numérique de la batterie, imposé par un règlement européen qui regroupe des informations sur la batterie, dont celles liées à son utilisation.
Dans la vie quotidienne, plus de 90 % des déplacements automobiles se font dans un rayon de moins de 30 km. Pour ces trajets, un véhicule conçu pour 250 km d’autonomie nécessite deux ou trois recharges par semaine. Pour les longs trajets de 200 à 600 km d’autonomie, il faut envisager une grosse batterie plus couteuse et qui alourdit l’empreinte carbone de la voiture. Contrairement à une idée répandue, nous pouvons faire de long trajet avec un véhicule électrique. L’Ademe recommande de tenir compte de la puissance de recharge maximale et de privilégier un modèle capable de charger à 100 kW ou plus.
Un gain de 1 000 euros par an
Entretenir une électrique est plus commode. On n’a pas la corvée de vidange, de changement des filtres et des plaquettes de frein. Pour les grands rouleurs, l’économie est importante. Mais l’assurance coûte plus cher, en raison du prix élevé des réparations en cas d’accident.
La France compte aujourd’hui plus de 200 000 points de recharge ouverts au public. Nous pouvons recharger facilement près de chez nous comme en déplacement. Toutes les aires d’autoroute offrent une recharge rapide disponibles 98,5 % du temps. La difficulté réside aujourd’hui dans l’équipement des copropriétés qui avance lentement : sur plus de 850 000 immeubles, seulement 18 300 disposent d’une infrastructure de recharge. L’étude de l’Ademe souligne que la recharge à domicile est moins chère que le carburant. Elle est environ 3 euros pour 100 km et elle peut se faire via une simple prise domestique. En se rechargeant à domicile et parcourant 12 000 kilomètres annuels, nous pouvons économiser en passant à l’électrique. C’est à l’usage que l’électrique prend l’avantage sur la thermique. La recharger revient 2,5 à 3 fois moins cher que faire le plein. Constatons aussi que le prix de l’électricité est plus stable que celui du pétrole, souvent exposé aux crises énergétiques.
Une dette écologique remboursée
Il est vrai que la fabrication d’une voiture électrique émet environ deux fois plus de gaz à effet de serre (GES) que celle d’une thermique, et la batterie représente à elle seule environ la moitié de ces émissions. Mais elle émet 2 à 6 fois moins de gaz à effet de serre qu’un véhicule thermique sur l’ensemble de son cycle de vie. Achat compris, une voiture électrique coûte généralement moins cher sur la durée qu’un modèle équivalent thermique.
« La dette écologique liée à la fabrication est vite remboursée, si bien que, sur l’ensemble de sa durée de vie, y compris en tenant compte des émissions induites par l’installation des bornes de recharge, une petite citadine roulant dans l’Hexagone a un impact carbone deux à trois fois inférieur à son équivalent thermique », assure Bertrand-Olivier Ducreux, ingénieur Mobilités à l’Ademe.
La voiture électrique ne cesse de nous séduire et s’annonce comme l’avenir soutenable et durable de notre mobilité. Aujourd’hui, 41 % des voitures neuves vendues en France sont électriques, contre 20 % en moyenne en 2025. Selon une récente enquête Enedis sur les habitudes des propriétaires de véhicules électriques réalisée avec l’institut CSA, 55 % d’entre eux utilisent leur voiture aussi bien pour les trajets quotidiens que pour les week-ends et les vacances et 97 % se déclarent satisfaits de leur expérience.































