Épargne et retraite
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TRIBUNE. Le débat sur les retraites a beaucoup tourné, ces derniers mois, autour de l’âge de départ. Mais deux questions comptent davantage pour l’avenir : combien touchera-t-on demain par rapport à ce qu’on gagnait en activité, et qui, aujourd’hui déjà, ne s’en sort pas ? Mieux vaut donc préparer sa retraite plutôt que la subir. Par Thaïs Castang, associée chez L&A Finance. 

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a gelé le calendrier de la réforme de 2023 : l’âge légal reste fixé à 62 ans et 9 mois jusqu’en janvier 2028, pour les générations nées entre 1964 et 1968. Mais suspension n’est pas abandon ! Pour les générations nées à partir de 1969, les 64 ans et les 172 trimestres restent d’actualité, et personne ne sait encore ce qu’il en sera après 2028.

Selon l’Insee, 11,1 % des retraités vivaient sous le seuil de pauvreté en 2023, un chiffre en légère hausse. Le minimum contributif ne dépasse pas 904 euros par mois, et l’Aspa, dernier filet de sécurité, plafonne à 1 034 euros pour une personne seule. Les femmes, dont les carrières sont plus souvent hachées ou à temps partiel, sont les premières concernées, avec les indépendants et les agriculteurs. Et la tendance s’aggrave : la pauvreté chez les 65-74 ans est passée de 7,5 % en 2017 à 10,6 % aujourd’hui.

Le Conseil d’orientation des retraites est clair dans son rapport de juin 2026 : le taux de remplacement moyen, c’est-à-dire la part du dernier salaire que représente la pension, atteint 55 % en 2025 et tomberait à 45 % en 2070. Les cadres et les fonctionnaires sont particulièrement touchés. Ce n’est donc plus seulement un sujet pour les carrières fragiles, c’est un recul général, qui rattrape aussi ceux qui se croyaient à l’abri.

Le système reste globalement à l’équilibre. Les dépenses de retraite restent stables par rapport au PIB. Le vrai problème, c’est que les pensions suivent l’inflation, quand les salaires suivent la productivité. L’écart se creuse donc mécaniquement, génération après génération.

Que faire face à ce constat ?

Pour une carrière stable et des revenus confortables, l’enjeu est d’ouvrir tôt une épargne dédiée, PER ou assurance-vie, pour laisser le temps travailler. Pour les carrières plus fragiles, indépendants, temps partiel subi, interruptions liées aux enfants, la vigilance doit venir plus tôt encore : ce sont elles qui risquent de découvrir, sans l’avoir vu venir, une pension proche du minimum.

Le système par répartition protège, en moyenne, mieux qu’ailleurs en Europe. Mais la moyenne cache des écarts considérables, et c’est là que l’anticipation individuelle fait la différence entre subir sa retraite et la préparer.

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