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Passée la canicule estivale, la rénovation thermique des écoles semble ne plus être une priorité. Alors, elle attendra ! On a vite oublié ce qui s’est passé avant l’été : les salles de cours transformées en four, les 4 000 écoles fermées et les 11 000 autres condamnées à aménager leurs horaires. Par Ezzedine El Mestiri.
En juin dernier, le gouvernement a pris conscience que nos écoles étaient en manque grave de protections solaires, de brasseurs d’air, de climatiseurs et d’isolation thermique. Dans l’urgence, il a décrété, en pleine canicule, une enveloppe de 50 millions d’euros pour financer la rénovation thermique des établissements scolaires d’ici à l’été 2027. Il comptait repartir cette somme en deux volets. D’abord, une enveloppe de 10 millions d’euros pour mener un diagnostic dans 2 500 écoles vulnérables face à la chaleur. Dans un second temps, consacrer 40 millions d’euros pour conduire des audits dans 10 000 autres écoles.
Il n’y a plus de débat sur le fait qu’il faut agir
Mais, quelques jours après la rentrée scolaire, coup de théâtre ou moment d’insouciance, le gouvernement fait volte-face et décide d’amputer cette enveloppe financière promise pour améliorer le confort d’été dans les établissements scolaires de 40 millions euros. Interrogé le 4 septembre sur Franceinfo, Guillaume Perrin, directeur du programme Action des collectivités territoriales pour l’efficacité énergétique (Actee) regrette ce gel des crédits qui va compliquer la tâche des élus pour adapter les écoles avant la prochaine canicule : « La réduction du budget n’impacte pas la volonté d’agir des élus, elle impacte juste la réalité de l’action… Les élus ont eu la pression des parents d’élèves, les élus eux-mêmes s’en sont rendu compte et il n’y a plus de débat sur le fait qu’il faut agir. »
Rappelons que cette rénovation énergétique est portée par Actee et la Banque des Territoires. Elle a prouvé son efficacité. Depuis juin 2025, une expérimentation est réalisée auprès de 30 écoles pilotes, à travers une méthode qui s’appuie sur des solutions, sobres en énergie, peu coûteuses et rapides à mettre en place. C’est un gain de 5 à 10 °C de confort en classe, sans climatisation au bout d’un an. Cet accompagnement technique et financier permet aussi aux collectivités de bénéficier rapidement d’un diagnostic gratuit des travaux à réaliser pour engager des solutions concrètes d’adaptation.
Nuisible à la santé des enfants
Ce recul gouvernemental est nuisible à la santé de nos enfants qui vont subir encore des années, la pénibilité de la chaleur dans des bâtiments sans brise-soleil, sans brasseurs d’air ou climatisation. Si rien n’a été fait, il faut s’attendre lors des prochaines canicules à des salles à plus de 30°C, des élèves épuisés, des enseignants inquiets, un enseignement perturbé et des risques de santé… Et jusqu’à quand, allons-nous assister à la ronde des promesses non tenues, à la même partition, agir dans l’urgence comme s’il s’agissait d’une surprise, bricoler comme on peut sans se poser ces questions de fond : comment adapter durablement l’école à un monde qui se réchauffe ? Et pourquoi sommes-nous condamnés à abandonner la protection, le bien-être et la réussite de nos enfants ?



























