COP17 désertification : restaurer l’espoir !

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Ezzedine El Mestiri, fondateur du magazine Nouveau consommateur en 2003
Ezzedine El Mestiri, fondateur du magazine Nouveau consommateur en 2003

La 17e conférence des Parties de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) se déroule actuellement et jusqu’au 28 août 2026 à Oulan-Bator, en Mongolie. 197 pays, ONG et membres de la société civile ont choisi comme intitulé « Restaurer les terres, restaurer l’espoir » pour se pencher sur la mauvaise santé des sols. Au-delà de l’avancée du désert, ce rassemblement mondial compte s’intéresser pleinement à la dégradation globale des terres. Par Ezzedine El Mestiri. 

Rappelons que ce sont les sols, fondement de la vie, qui stockent l’eau, logent la biodiversité terrestre et nous permettent de nous nourrir. Or depuis des décennies, ces derniers sont malmenés en subissant les nuisances de l’agriculture intensive, le recours aux engrais et pesticides et l’artificialisation des terres. Le changement climatique vient aussi amplifier ce désastre. Aucun continent n’est épargné et l’hexagone n’y échappe pas. 70 % des terres françaises sont dégradées par des phénomènes comme l’érosion ou l’artificialisation !

Les financements au cœur des débats

Selon les dernières données de l’ONU, la désertification et la dégradation des terres affectent 40 % des terres mondiales avec un impact sur la vie de 3,2 milliards de personnes. Si aucune mesure n’est prise, cette dégradation combinée avec le réchauffement climatique provoquerait, d’ici à 2050, une baisse des rendements agricoles de 10 % à 50 % dans le monde. L’agriculture française pourrait perdre jusqu’à 40 % de sa valeur ajoutée, soit une perte estimée entre 14 et 16 milliards d’euros par an.

La COP17 s’annonce cruciale dans la mesure où lors des précédentes éditions, des pays lourdement affectés par ce fléau avaient demandé un protocole contraignant pour lutter contre la sécheresse, aggravée par la hausse des températures. Cela impliquerait bien évidemment, une meilleure gestion de l’eau et des terres ainsi qu’une mobilisation des financements pour agir. Cette dernière est au cœur des débats.  « La désertification, la dégradation des terres et les sécheresses coûtent au monde, globalement, 900 milliards de dollars par an, mais des investissements dans la restauration des terres pourraient générer 35 dollars pour chaque dollar investi », rappelle Batmunkh Battsetseg, présidente de la COP17.

Restauration à un milliard de dollars par jour !

La Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) estime qu’il faudrait au moins 2 600 milliards de dollars d’ici à 2030 pour restaurer les terres dégradées, lutter contre la désertification et renforcer la résilience face aux sécheresses. Cette restauration à grande échelle nécessite environ un milliard de dollars par jour, mais les financements actuels sont largement insuffisants.

D’ici à 2050, trois personnes sur quatre dans le monde seront confrontées à la sécheresse et le monde devra produire au moins 50 % de nourriture en plus. Il faudrait des solutions permettant d’améliorer la rétention d’eau dans les paysages, de restaurer les sols et le couvert végétal et de réduire l’érosion. Mais rien ne peut être réglé tant que les financements restent encore éloignés des besoins. Il est urgent d’accélérer la mise en œuvre des engagements financiers pour améliorer les systèmes d’irrigation, les cultures plus résistantes à la sécheresse ou encore les infrastructures qui permettent de mieux stocker l’eau.

Il faudrait prendre ces conférences mondiales au sérieux d’autant plus que la dégradation des terres devient un enjeu directement lié à la sécurité alimentaire. Il ne faudrait pas imaginer que la désertification ne se résume qu’à l’avancée du sable ! C’est un fléau insidieux et silencieux qui ne cesse d’appauvrir progressivement des sols en fertilité, faire disparaitre la végétation et épuiser des ressources en eau avec des graves conséquences sur la vie de plus de trois milliards de personnes dans le monde.

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