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Après deux décennies d’élaboration, le traité sur la haute mer vient d’entrer en vigueur, ce mois de janvier. Cet accord visant à protéger la vie marine dans les eaux internationales et les fonds marins est une avancée majeure pour garantir la santé des écosystèmes océaniques. Par Ezzedine El Mestiri.
Juridiquement contraignant, il couvre les zones situées au-delà des eaux territoriales et les fonds marins qui représentent plus des deux tiers de la surface des océans et plus de 90 % des habitats sur la Terre. Ce traité couvre des domaines fondamentaux : ressources génétiques marines, évaluations d’impact environnemental, outils de gestion, transfert de technologies. Autant d’éléments indispensables pour la préservation des océans.
Une gouvernance contraignante
Plus de 80 pays ont ratifié cet accord, notamment la Chine, l’Allemagne, le Japon, la France et le Brésil. Plusieurs nations dont les États-Unis, l’Inde et la Russie, ont refusé la ratification : dont les États-Unis, l’Inde et la Russie. C’est une bonne nouvelle pour l’humanité qui va enfin gérer la haute mer et les fonds marins internationaux durablement et assurer une gouvernance océanique contraignante. Bien évidemment, cet accord contribuera à la lutte contre le changement climatique, la perte de biodiversité et la pollution. Les auteurs pollueurs en haute mer doivent prendre garde. Ils sont désormais contrôlés et responsables de leurs actes !
L’entrée en vigueur de ce traité arrive à un moment où le monde marin ne cesse de subir des graves dégradations. Selon les chiffres de l’ONU, moins d’un tiers des cibles de l’objectif de développement durable sur la préservation des océans ont été atteints. À ce jour, 8 % seulement de la surface marine est protégée, loin de l’objectif des 30 % fixé d’ici à 2030. Il y a aussi l’alerte sur un quatrième épisode mondial de blanchissement des coraux, le plus grave jamais observé. S’ajoute le désastre de la surpêche, plus d’un tiers des stocks marins reste surexploité.
Une bouée de sauvetage
« La santé de l’océan est celle de l’humanité. Face à la triple crise planétaire : le changement climatique, la perte de biodiversité et la pollution, cet accord constitue une bouée de sauvetage pour l’océan et pour l’humanité », a insisté Antonió Guterres, secrétaire général de l’ONU.
Rappelons que les fonds marins recèlent aussi des minéraux rares recherchés, du cobalt au zinc. L’ONU ne veut pas que l’exploration sous-marine à la recherche de minéraux rares convoités, ne devienne pas le « Far West » de l’exploitation. L’Autorité internationale des fonds marins (ISA) rappelle que ces ressources n’appartiennent à aucun pays ni entreprise. Elle en a rédigé un code minier afin de garantir que ces fonds restent protégés. Il était temps que l’humanité instaure un cadre protecteur et unificateur pour l’océan avec des règles obligatoires d’usage durable de la biodiversité, des aires marines protégées en haute mer et un partage plus équitable des bénéfices issus des ressources génétiques. L’océan est une ressource et aussi un miroir de nos choix et de notre avenir commun. Le protéger, c’est préserver ce que nous sommes. « J’espère que nous pourrons étudier l’océan avant de le détruire », indique le cinéaste canadien et écologiste James Cameron.
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