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Alors que de nombreux sportifs français peinent encore à financer leur carrière, notamment dans les disciplines moins exposées médiatiquement, la Fondation du Sport Français tente de combler les lacunes du modèle actuel. À travers ses dispositifs comme le « Pacte de Performance » ou « Soutiens ton sportif », elle accompagne plusieurs centaines d’athlètes et rapproche entreprises et monde sportif.
Si les performances des sportifs français sont régulièrement célébrées lors des grandes compétitions internationales, leur réalité quotidienne est souvent bien différente. Derrière les podiums, de nombreux athlètes, notamment dans les disciplines les moins médiatisées, peinent à financer leur préparation, leurs déplacements ou leur matériel. Face à ces difficultés, la Fondation du Sport Français s’est imposée comme un acteur clé du mécénat sportif. À travers plusieurs dispositifs, elle favorise la rencontre entre entreprises et sportifs afin de leur offrir un accompagnement financier, mais aussi professionnel, tout au long de leur carrière.
Le Pacte de Performance, un dispositif pour sécuriser les carrières sportives
Lancé initialement en 2014 par la Fondation du Sport Français dans le cadre du ministère des Sports, le Pacte de Performance est devenu un dispositif de mécénat en 2017. Son principe est simple : permettre à une entreprise d’accompagner financièrement un sportif de haut niveau sur le long terme. Concrètement, l’entreprise effectue un don de 20 000 euros par an à la Fondation, qui reverse ensuite les fonds à l’athlète après validation d’un comité composé notamment de l’Agence nationale du sport, du Comité national olympique et sportif français, du Comité paralympique et de l’Insep. Aujourd’hui, près de 700 sportifs bénéficient de ce dispositif. Une réussite qui montre l’importance du mécénat dans un modèle sportif français où les aides publiques ne suffisent pas toujours. « Le Pacte de Performance amène à peu près autant que l’État sur l’accompagnement des sportifs », souligne Charlotte Feraille, déléguée générale de la Fondation du Sport Français.
Pour elle, la difficulté financière peut apparaître à plusieurs moments d’une carrière. « Le plus difficile, c’est l’accession au haut niveau », explique-t-elle. Certains jeunes talents, pourtant identifiés comme prometteurs, peuvent se retrouver freinés par le coût des équipements, des déplacements ou de la préparation sportive. Une situation qui fait peser un risque de perte de potentiels champions français, notamment dans des disciplines de l’ombre.
Au-delà du simple soutien financier, la Fondation défend également l’importance du « double projet » des athlètes. L’objectif est de permettre aux sportifs de préparer leur avenir professionnel tout en poursuivant leur carrière. « L’athlète, pour réussir, doit être libéré de ses contraintes », estime Charlotte Feraille. Une sécurité qui concerne autant les difficultés quotidiennes liées au financement de la vie courante que l’incertitude de l’après-carrière.
Faire du sport un levier d’engagement pour les entreprises
Si les grands partenariats sportifs restent souvent concentrés sur les disciplines les plus visibles, la Fondation du Sport Français cherche à rendre le soutien aux athlètes accessible à davantage d’acteurs économiques. Son fonctionnement permet notamment aux PME et aux TPE de s’engager dans le financement sportif sans devoir construire seules un programme d’accompagnement. « Ces dispositifs rendent aussi le soutien au sportif plus accessible à des entreprises qui n’ont pas les compétences pour se lancer dans un projet d’accompagnement sportif », explique Charlotte Feraille. En passant par la Fondation, les entreprises bénéficient également d’un cadre sécurisé, avec une sélection des sportifs accompagnés et un suivi autour des questions d’éthique.
Cette approche permet aussi de rapprocher le mécénat sportif des enjeux de responsabilité sociale et environnementale (RSE). Le dispositif « Soutiens ton sportif » illustre cette volonté d’accompagner les athlètes en devenir, notamment ceux qui ne bénéficient pas encore des dispositifs réservés aux sportifs les plus performants. Les particuliers comme les entreprises peuvent ainsi contribuer au financement de ces parcours et profiter d’un avantage fiscal.
L’héritage sportif en défi d’avenir ?
Après les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, la question de l’héritage sportif reste centrale. Alors que certains sponsors quittent traditionnellement le monde sportif une fois l’événement terminé, la Fondation estime avoir réussi à maintenir une grande partie de ses mécènes grâce à une logique différente. « Le sponsoring, c’est gagner un retour sur investissement. Le mécénat, c’est écrire une histoire avec un sportif », rappelle Charlotte Feraille. Pour autant, la structure souhaite encore accélérer son développement. Malgré ses 700 sportifs accompagnés, elle reste encore peu connue du grand public. « Parfois, les gens nous découvrent et disent : c’est super ce que vous faites, mais on ne savait pas que vous existiez », constate la déléguée générale.
Dans un contexte où les budgets publics consacrés au sport sont sous tension, la Fondation du Sport Français entend continuer à jouer un rôle de relais entre entreprises, institutions et athlètes. Avec un objectif : éviter que certains talents français disparaissent avant même d’avoir pu exprimer pleinement leur potentiel.
































