séminaire
Un séminaire d'entreprise dans le domaine de Richebourg (Île-de-France)

Temps de lecture estimé : 3 minutes

Et si, pour prendre de la hauteur sur les enjeux de l’entreprise, il fallait d’abord sortir du cadre habituel ? C’est le pari de Pierres d’Histoire, opérateur hôtelier patrimonial et société à mission depuis 2025. À l’instar des domaines de Richebourg et Courances en Île-de-France, l’entreprise sélectionne, restaure et exploite des demeures historiques pour leur redonner vie, et y accueille notamment des séminaires en petit comité.

Des lieux authentiques, au vert, où les équipes peuvent travailler, réfléchir et se retrouver loin de leur environnement quotidien. Une approche qui séduit de plus en plus les entreprises : les séminaires représentent désormais près de 30 % de l’activité de Pierres d’Histoire ! L’entreprise, fondée en 2010 par Dominique Imbert, lance une nouvelle offre consacrée à l’intelligence artificielle. Isabelle Bettan, directrice générale de Pierres d’Histoire, explique cette évolution et sa vision du séminaire d’entreprise.

Pourquoi la rentrée est-elle un moment particulièrement pertinent pour organiser un séminaire ?

Pour moi, la rentrée, c’est donner le ton. On a tous été enfant, et consciemment ou pas, septembre est associé à un nouveau départ. C’est une nouvelle page, avec une énergie de rentrée. Organiser un séminaire à ce moment-là permet de donner une impulsion, de poser ce qui va arriver derrière. C’est un peu pour cela que j’aime les réunions d’équipe le lundi car elles donnent le ton de la semaine !

Il existe d’autres périodes clés : décembre, avec une approche davantage festive, pour remercier les équipes ; mars, qui est très actif en séminaires, avec plutôt un bilan de l’année passée et une nouvelle feuille de route ; ou encore juin, qui permet de faire un dernier tour avant les vacances. Mais septembre a vraiment cette dimension de nouveau départ, qui est très ancrée dans nos esprits.

L’intelligence artificielle est désormais sur toutes les lèvres. Vous lancez justement un séminaire qui lui est consacré. Que proposez-vous concrètement ?

Isabelle Bettan, directrice générale Pierres d’Histoire (Crédit photo Frédéric Kofman)

L’IA interroge tout le monde, les équipes, ceux qui sont réfractaires, ceux qui l’utilisent peut-être trop… Je m’y intéresse beaucoup parce que j’ai moi-même découvert ce qu’elle pouvait apporter à l’entreprise. Des choses qui me prenaient des journées peuvent aujourd’hui être réalisées en quelques heures, voire quelques minutes. Avec Claude, par exemple, je me suis rendu compte de tout ce qu’on pouvait faire : des dashboards, des sujets RH, des contrats, des avenants… Il y a énormément d’enjeux et beaucoup d’entreprises ne savent pas encore quoi en faire. Elles ont tendance soit à se figer, soit à tâtonner.

J’ai donc imaginé un séminaire autour de l’IA, dans les lieux de Pierres d’Histoire. L’idée est de faire d’une pierre deux coups, c’est-à-dire investir dans son équipe et consacrer deux jours à l’IA. On commence par comprendre son histoire et à quoi elle sert. Ensuite, on se forme, on joue avec, on teste, pour identifier les problématiques sur lesquelles elle peut réellement nous aider. Enfin, on passe à l’implémentation : comment travailler avec Claude en équipe, quels projets configurer, quelles « skills » utiliser pour les RH ou selon les secteurs, comment cloisonner certaines informations… L’objectif est que l’entreprise reparte avec une véritable implémentation de l’IA, avec des ordinateurs configurés.

Le principe est surtout celui du sur-mesure. Il n’y a pas une journée de formation identique pour toutes les entreprises. Les formateurs échangent en amont avec le client et adaptent les ateliers au niveau de maturité et aux besoins de l’équipe.

Le séminaire « au vert » semble être une demande récurrente des entreprises. Qu’est-ce qui explique cet attrait ?

C’est quelque chose que les entreprises nous demandent beaucoup, être à moins d’une heure de Paris, au vert, dans un lieu qu’elles peuvent vraiment s’approprier. Nos domaines sont petits, avec 15 à 20 personnes maximum pour les séminaires, ce qui correspond naturellement à des CODIR ou des COMEX. On peut se retrouver à quinze ou moins, seuls dans un domaine privatisé, avec cette sensation d’être chez soi pendant deux jours, mais dans un lieu historique, entouré de nature.

Cette intimité revient souvent dans les retours des clients. Le fait de déconnecter, d’être dans un cadre qui n’est pas celui du bureau, permet de prendre le temps d’apprendre et de réfléchir ensemble. C’est aussi ce qui rend possibles des ateliers vraiment personnalisés. En équicoaching, par exemple, un client peut arriver avec une demande de cohésion et, dès le début, se rendre compte que ce n’est pas exactement son besoin. On arrête, on échange avec l’équipe et le coach, et on construit autre chose. La cohésion d’équipe n’est pas forcément la confiance en soi. Il faut aller chercher ce qui correspond vraiment au collectif.

Au fond, quelle est la vocation de Pierres d’Histoire à travers ces séminaires ?

Notre métier est avant tout un métier de passion. Pierres d’Histoire, ce n’est pas simplement un job, il y a quelque chose de très fort dans le fait de faire vivre ces lieux. Nous sommes société à mission depuis 2025, avec cette volonté de préserver, valoriser et transmettre un patrimoine vivant, authentique et durable.

C’est aussi pour cela que l’IA a sa place chez nous. Elle ne vient pas dénaturer ces lieux mais fait partie de notre histoire qui s’écrit. Nous pouvons utiliser la technologie pour mieux travailler, mieux accueillir, mieux anticiper, et rester profondément attachés à l’humain et au patrimoine. C’est finalement ce que nous cherchons à proposer aux entreprises : pendant deux jours par exemple, dans un lieu qui leur est entièrement dédié, leur permettre de prendre du recul, d’apprendre et de repartir avec quelque chose de concret.

Propos recueillis par Geoffrey Wetzel

Rédacteur en chef. Formé en Sorbonne – soit la preuve vivante qu'il ne faut pas « nécessairement » passer par une école de journalisme pour exercer le métier ! Journaliste économique (entreprises, macroéconomie, management, franchise, etc.). Friand de football et politiquement égaré.

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