France Digitale Day : où en sont les start-up de la French Tech ?
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Le nouveau baromètre France Digitale-EY vient d’être dévoilé alors que l’événement France Digitale Day se déroulera le 16 septembre à Paris (Musée des Arts Forains). Il dresse le portrait d’un écosystème français qui retrouve des couleurs en 2026, mais révèle des fragilités persistantes face au Royaume-Uni et à l’Allemagne.

Après plusieurs semestres difficiles, la tech française retrouve de l’élan. La France compte désormais près de 18 000 start-up, soit environ 1 800 de plus en un an, selon le baromètre 2026 de France Digitale et EY. Une dynamique qui dépasse désormais largement l’Île-de-France : 56 % des jeunes pousses sont implantées ailleurs sur le territoire.

Passer à l’échelle 

L’emploi suit la même trajectoire. Les start-up représentent 530 000 emplois directs, soit 30 000 créations nettes en un an (+6 %). Et la tendance pourrait se poursuivre, puisque près de huit entreprises sur dix interrogées prévoient de recruter au cours des douze prochains mois.

Le financement connaît lui aussi un net rebond. Au premier semestre, les start-up tricolores ont levé 4,58 milliards d’euros, contre 2,78 milliards un an auparavant, soit une progression de 65 %. Mais cette embellie masque une concentration accrue des capitaux : seulement 280 opérations ont été réalisées, en baisse de 10 %. Le ticket moyen dépasse ainsi les 16 millions d’euros, au bénéfice des entreprises déjà les mieux établies.

Le principal défi reste celui du passage à l’échelle. Avec 4,58 milliards d’euros levés au premier semestre, la France demeure derrière l’Allemagne (5,92 milliards) et surtout le Royaume-Uni (14,59 milliards). Et les difficultés ne s’arrêtent pas au financement : le chiffre d’affaires réalisé par les entreprises françaises dans le reste de l’Europe recule de 2 %, signe des obstacles posés par un marché européen encore fragmenté. Par ailleurs, 72 % des fonds de capital-risque déclarent être contraints à partir de la série B, faute de moyens suffisants.

Le prochain quinquennat décisif

À retenir aussi, la souveraineté technologique s’impose comme un nouvel enjeu économique. L’intelligence artificielle concentre déjà les investissements de 78 % des fonds interrogés, tandis que la défense progresse nettement dans leurs stratégies. Côté entreprises, 90 % des grands groupes considèrent leur dépendance à certains fournisseurs étrangers comme un risque.

Pour France Digitale, le prochain quinquennat devra donc permettre de transformer le rebond actuel en véritable puissance technologique. « Depuis quinze ans, la France a démontré qu’elle savait faire émerger des entreprises innovantes. Le défi du prochain quinquennat sera de leur permettre de devenir des champions », estime Maya Noël, directrice générale de France Digitale. Et de poser la question qui devrait résonner au-delà du secteur : « Voulons-nous rester seulement un pays qui innove, ou devenir un pays capable de transformer cette innovation en puissance économique et technologique ? » Premiers éléments de réponse le 16 septembre lors du « FDDAY » ?

Rédacteur en chef. Formé en Sorbonne – soit la preuve vivante qu'il ne faut pas « nécessairement » passer par une école de journalisme pour exercer le métier ! Journaliste économique (entreprises, macroéconomie, management, franchise, etc.). Friand de football et politiquement égaré.

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