Loin de l’opportunisme qu’on lui attribue souvent, le réseautage est un outil concret et parfois décisif pour sa carrière. Il concerne aujourd’hui tous les profils, des jeunes diplômés aux dirigeants d’entreprise plus expérimentés.
« Je ne suis pas certaine que le réseau soit devenu plus important qu’hier. En revanche, face à l’afflux de centaines de candidatures numérisées et standardisées pour chaque poste, il est devenu plus difficile de sortir son épingle du jeu. Ce contexte nous fait parfois oublier une évidence : le travail a toujours été une affaire de relations humaines », rappelle Léa Guillaumot, consultante en organisation et coach professionnelle certifiée.
C’est là qu’entre en jeu le réseau. Que ce soit pour trouver du travail, être recommandé ou pour rencontrer du monde, savoir réseauter est devenu fondamental pour faire décoller sa carrière. Problème, ce n’est pas donné à tout le monde…
Bien réseauter, ça s’apprend
Ce n’est pas inné et encore moins un talent, bien au contraire. Pour bien se lancer, il est essentiel de se trouver dans un environnement qui correspond à ses projets et à ses valeurs. Bien réseauter, c’est bien choisir : « C’est important de trouver des clubs et des réseaux qui sont en adéquation avec la personnalité, avec les attentes, les envies, et parfois les compétences », souligne Alain Marty, fondateur du Cercle Wine Business, du Board Member Business Club et du Rugby Business Club. « L’essence même de l’événement peut donner des thèmes pour discuter, même quand on ne connaît pas les gens, même quand on est timide et même quand on n’est pas un bon orateur. »
Mais il existe aussi des erreurs éliminatoires qu’il faut pouvoir éviter ! Sans surprise, certains sujets tabous comme l’argent, la religion, le sexe et la politique restent à manier avec précaution. Et plus spécifiquement, s’imaginer que tout est acquis après une poignée de main, un échange de cartes de visite ou quelques mots.
« Il y a aussi des codes du suivi. C’est bien, quand on a rencontré quelqu’un, de rapidement lui envoyer une invitation sur LinkedIn, cela permet d’enrichir son portefeuille de relations parce que, quand on ne se voit pas, on s’oublie », rappelle Alain Marty. Et parfois, les malentendus persistent dans une mauvaise définition du réseautage…
« Je crois que l’on fait fausse route dès lors que l’on considère le réseau comme un moyen d’obtenir quelque chose. Je préfère poser cette question : qu’est-ce qui vous donnerait envie de rencontrer cette personne si aucun emploi, aucun contrat ou aucun client n’était en jeu ? », questionne Léa Guillaumot.
Vouloir provoquer les opportunités peut parfois porter préjudice. Se montrer trop opportuniste peut faire peur et risque d’avoir l’effet inverse. S’intéresser à son entourage pour ce qu’il est, et non pour ce qu’il peut vous offrir, est la première clé d’un réseautage réussi.
Une affaire d’extravertis ?
Gare aux mains moites, à la gorge sèche et au coeur qui bat à cent à l’heure ! Pour beaucoup, la difficulté commence dès l’entrée dans la salle. Comment aborder un inconnu ? Qui plus est sans avoir l’impression de déranger ?
Une première bonne impression peut se faire sans avoir à prendre la parole en public dès les premiers instants. « Commencez par échanger avec d’autres personnes seules. Leur demander qui elles sont, si elles sont membres du club depuis longtemps, par exemple, ou si elles viennent pour la première fois… Cela permet de nouer un premier contact », explique Alain Marty. Sans oublier de ne pas sous-estimer le pouvoir des questions, qui permettent également de montrer à son interlocuteur ses capacités d’écoute, sa curiosité et son intelligence.
Et pour surmonter la timidité, il faut parfois se préparer, notamment en travaillant bien son pitch… Tout un art ! « Un bon pitch n’est pas un discours parfait, c’est une rencontre réussie. On oublie rarement quelqu’un chez qui l’on perçoit une conviction, une énergie ou une manière singulière de voir les choses ou de résoudre un problème. Ne disparaissez pas derrière vos mots », alerte Léa Guillaumot.
« En soirée networking, je crois qu’il faut connaître un pitch type, maîtrisé sans qu’il ne sonne trop comme un discours appris par coeur, et qui ne dépasse pas une minute. Comme si vous deviez vous présenter le temps d’une rencontre dans un ascenseur ! Dîtes qui vous êtes, votre projet, votre différence, et énoncez un chiffre concret. Cela suffit généralement à susciter un intérêt. Inutile de monopoliser la parole, mieux vaut échanger brièvement et laisser place au dialogue », explique Louis Lalanne, fondateur de Meet My Mentor.
Et surtout, il est toujours bon de se rappeler que personne ne part de rien : « Le réseau commence avec la famille, les amis, les anciens collègues, les voisins, les commerçants ou encore les parents rencontrés à l’école de ses enfants. Il se construit à partir de ces premiers cercles, puis s’élargit progressivement », pointe Léa Guillaumot. Il suffit parfois de regarder autour de soi pour commencer à mobiliser son réseau.


































