Le « people pleasing », ou l’art de « faire plaisir aux autres », est aussi un comportement que l’on retrouve dans le monde du travail.
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Le « people pleasing », ou l’art de « faire plaisir aux autres », est aussi un comportement que l’on retrouve dans le monde du travail. Difficulté à dire « non », accepter sans y réfléchir à deux fois, trop en faire, éviter les désaccords… si cela vous parle, peu de doutes, vous êtes un « people pleaser ».

Comportement ou trait de personnalité ? Quoi qu’il en soit, le « people pleasing » est un concept déjà traité à de multiples reprises en psychologie. Taibi Kahler, psychologue américain, mène des recherches sur le management dans la seconde moitié du XXe siècle. Dans son ouvrage Analyse transactionnelle (1975), il décrit cinq injonctions, appelées « drivers de personnalité » : plaire aux autres, être parfait, faire de son mieux, être fort et être pressé. Parmi eux, le « people pleasing », un concept qui existe, aussi, en entreprise et qui touche autant les collaborateurs… que les dirigeants.

Dire « non » n’est pas une maladie

« Le fait de devoir plaire, être obéissant, gentil, sont des comportements très valorisés quand nous sommes petits. Nous les intériorisons pour faire plaisir à nos parents et les reproduisons plus tard dans la vie en général, même s’ils nous desservent ou qu’ils nous éloignent de notre authenticité », explique Sophia Glandor, coach à ICF France, dans Courrier Cadres. Et ce formatage que l’on connaît petit peut aussi se ressentir en entreprise, là où les dirigeants doivent adopter une certaine posture. Certains doivent se montrer autoritaires, certains pensent devoir tout savoir et d’autres veulent… pouvoir tout accepter, tout le temps.

Pour ceux qui ont du mal à émettre un refus, plusieurs techniques existent. Prendre le temps de la réflexion avec un délai de réponse, aussi bien pour trouver des arguments et refuser dans les règles que pour considérer la proposition. Et parfois, formuler une contre-proposition est une réponse en soi, par exemple en proposant une aide temporaire ou un accord « à condition que ». Mais il est aussi indispensable de clarifier ses priorités, pour son organisation personnelle.

Gare au mal-être !

Cette catégorie de dirigeants souffre en général d’un manque de confiance, évite les conflits et cherche ainsi à se protéger des désaccords ou de la confrontation. Or, ces échanges peuvent aussi être bénéfiques… même s’ils montent dans les tours ! Aussi bien d’un point de vue personnel que pour la productivité même de l’entreprise. « Laisser couler », une expression qui n’a pas sa place en entreprise. C’est parfois dans le désaccord que naissent les idées les plus réfléchies et que le brainstorming est le plus poussé.

Ce comportement de « people pleaser » traduit une forme de mal-être, avec un dirigeant dépassé ou qui s’oublie au profit de ses équipes. « Le manager ne sait même plus pourquoi il dit « oui » à tout, tout le temps. Il est sur pilote automatique. En faisant cela, il risque de tomber dans le sur-engagement et de s’épuiser », souligne Sophia Glandor. Et sur le long terme, ce type de comportement peut entraîner une forme de mal-être au travail (qui entraîne du désengagement) et a de réelles répercussions. Ce mal-être coûterait 14 840 euros par salarié et par an, en 2024, d’après le baromètre IBET. Le concept de « people pleasing » peut aussi diminuer la confiance en soi ou causer un épuisement professionnel… voire mener à un burn out. Un dirigeant sur trois se déclarait justement en mauvaise santé mentale en 2025, d’après le baromètre de la Fondation MMA des Entrepreneurs du Futur et de Bpifrance Le Lab.

Il ne s’agit pas de confondre l’empathie avec la disponibilité. Mais même le bon samaritain doit apprendre à poser des limites.

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