Fin du suspense ! Ce mercredi 14 octobre à 14 heures, le tribunal de commerce d’Orléans a acté la reprise de Duralex par Cédric Meston, via sa holding Tomé. Le serial repreneur va-t-il réussir à sauver un autre fleuron de l’industrie française, après Tupperware, Bluedigo et Jay&Joy ? Seul l’avenir nous le dira. Mais son plan de reprise, en rupture avec le passé, insuffle un espoir bienvenu.
« Après la “start-up nation”, mobilisons-nous pour la “repreneur nation” », défendait Cédric Meston, lorsqu’il a fait la Une d’ÉcoRéseau Business en septembre 2025. Et il semble montrer l’exemple. « Duralex est un patrimoine industriel français. Notre ambition n’est pas de le sauver une cinquième fois, mais de le transformer pour de bon », a déclaré le président de Tomé. Grâce à ce plan de reprise, 155 emplois seront repris sur le site historique du fabricant en verre trempé à La Chapelle-Saint-Mesmin (45). NJJ Capital, la holding de Xavier Niel, est associée au projet de reprise.
Un plan de financement de 16 millions
Après plusieurs reprises successives depuis 2008, Duralex avait été placée en redressement judiciaire le 1er juin 2026, moins de deux ans après sa reprise en Scop par ses salariés. Pour le consortium porté par Cédric Meston, le constat est clair : malgré les changements de propriétaires, Duralex a conservé une structure dimensionnée pour des volumes importants, un modèle économique fondé sur des produits vendus à bas prix et le poids des dettes héritées du passé.
Le projet de reprise entend rompre avec cette logique. Premier chantier : redimensionner l’organisation en fonction des ventes réelles, ajuster la production à la demande et assainir les stocks. Le consortium s’engage à ne procéder à aucun licenciement économique pendant 24 mois et à accorder une priorité de réembauche aux salariés non repris.
Autre axe stratégique : renouveler l’offre pour mieux valoriser le savoir-faire français et répondre aux nouvelles attentes des consommateurs, avec de nouvelles gammes. Pour piloter cette transformation, Cédric Meston mise sur une dirigeante expérimentée : Silham El Kasmi, qui a passé 23 ans chez Saint-Gobain avant de rejoindre Saur.
Pour financer cette nouvelle étape, le consortium annonce une enveloppe d’environ 16 millions d’euros, sans dette d’acquisition, dont dix millions proviennent de financements privés apportés par le consortium et ses partenaires. Et les 6 millions restants correspondent à des soutiens publics, dont un prêt de 4 millions d’euros du Fonds de développement économique et social (FDES), confirmé par le ministre délégué chargé de l’Industrie. La Région Centre-Val de Loire et Orléans Métropole mettent sur la table les 2 millions d’euros complémentaires.
Au-delà du sauvetage de Duralex, l’ambition affichée est de bâtir un groupe capable de faire grandir plusieurs marques françaises tout en préservant leur ancrage industriel dans l’hexagone. « Duralex, Tupperware : ce sont des marques que tout le monde a chez soi et que personne n’a envie de voir disparaître. Cédric a montré avec Tupperware puis Léonard qu’on pouvait les relancer vite et proprement. Nous sommes fiers de l’accompagner pour en faire un grand groupe de marques françaises, avec des usines et des emplois en France », explique Xavier Niel, associé de la reprise.
Le verre « le plus vert du monde »
Au cœur du projet de reprise ? la décarbonation du site et l’ambition portée par Cédric Meston de faire de Duralex « la référence du verre durable ». Le projet prévoit, entre autres, de convertir le four de fusion à une technologie 100 % électrique à l’horizon 2029. Cette évolution devrait supprimer l’essentiel des émissions directes liées à son fonctionnement et transformer en profondeur le processus de fabrication.
Les repreneurs entendent aussi augmenter de verre recyclé, dans les fournées. En parallèle, des panneaux photovoltaïques doivent être installés sur le site, en partenariat avec Orléans Métropole et la SPL Orléans Énergies. À terme, cette transformation doit accompagner le développement d’une gamme éco-conçue, fondée sur les qualités historiques du produit Duralex : un verre trempé résistant aux chocs, 100 % recyclable et fabriqué en France. « Mon travail est de remettre l’usine au niveau des meilleurs standards industriels et énergétiques », conclut Silham El Kasmi, directrice générale (CEO) de Duralex.


























