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Le mois de janvier est semé de bonnes volontés et de grandes ambitions. Entre la rhétorique du « plus » et l’usage du futur, la communication joue à plein pour nous proposer des avenirs radieux. C’est l’exercice des voeux, que ce soit dans les cartes (de plus en plus virtuelles) ou dans les mots des dirigeants que l’on prononce avant de couronner les rois de l’entreprise.
Comment repérer ces mots « creux » qui vident la communication de leur sens ?
Ils sont en général interchangeables et leur signification est usée ou très imprécise. Ainsi, essayez de remplacer un mot par « innovant » (mot qui veut tout et rien dire), si cela fonctionne vous serez sans doute face à un mot creux.
Par ailleurs certains concepts nous promettent des horizons qui font référence à un passé mythique que l’on souhaite restaurer : c’est le cas de « l’authenticité » (des relations, des actes, des paroles) et cela fonctionne autant dans la communication b to c (entre les marques et les consommateurs) que b to b (au sein ou dans l’entreprise).
Enfin, que ce soit « dry january » ou d’autres résolutions, certains voeux sont tournés vers
l’autre et remettent la charge de l’action sur les épaules de celui qui les reçoit. Une façon de ne pas prendre ses responsabilités…
Alors comment éviter de tomber dans le discours convenu ? On l’a vu, au travers de la mise en scène de soi ou de l’autodérision, certains patrons d’agences de communication essaient de déconstruire ces discours de voeux et de proposer des alternatives. Pourtant même le pas de côté peut devenir un marronnier et peut tourner parfois vers une forme d’égocentrisme. Voici quelques pistes (à défaut d’être des recettes) pour parler plus juste quand on veut formuler des ambitions pour 2025 :
Accumuler les petites avancées plutôt que poser des grands jalons : réussir ce n’est pas forcément se révolutionner tous les ans mais savoir organiser les petits changements qui vont compter pour beaucoup ;
Personnaliser et ancrer les voeux ou les actions futures dans des exemples. Cela a
moins de panache mais ça va changer la vie des gens pour de vrai ;
Proposer des actions qui peuvent se mettre en place tout de suite, voire même qui seront débloquées à la fin de la cérémonie de voeux. Montrer la réalisation d’une promesse, c’est donner la chance aux autres promesses d’être reçues et crues.
Alors peut-être que cette année ne sera pas un grand pas pour l’homme mais que vous ferez faire des petits pas pour l’humanité ? En tout cas, la communication ne peut jamais remplacer les actes et le contenu. Trop souvent, elle apparaît comme factice car elle vient masquer une absence d’ambition et de réalisations. Commencez par les actes, la – bonne – communication suivra !




































