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Si nous voulons affronter la compétition mondiale avec le maximum de chances, chacun admet désormais la nécessité de renforcer notre économie de production.
Travailler moins aura été le slogan des cinquante dernières années. En 1981, François Mitterrand créait le ministère du Temps libre, ouvrant la voie aux 35 heures et à la retraite à 60 ans. Le discours d’alors promettait qu’avec les progrès technologiques, les hommes pourraient travailler moins sans perte de revenus.
Aujourd’hui, la France se retrouve en tête des pays de l’OCDE en matière de réduction du temps de travail. La moyenne européenne s’établit à 39 heures, tandis que les États-Unis et la Chine affichent officiellement 40 heures hebdomadaires — avec seulement 15 jours de congés pour les Américains, et des semaines souvent supérieures à 60 heures pour de nombreux Chinois.
À l’heure de la compétition commerciale mondiale, pourquoi ne pas nous aligner sur nos principaux concurrents ? Travailler 40 heures permettrait aux salariés d’être mieux rémunérés, aux entreprises de gagner en compétitivité, et à l’État de percevoir davantage de recettes. Voilà un triple bénéfice.
Beaucoup de Français y sont prêts, mais la classe politique demeure timorée. Il est vrai qu’imposer un retour aux 40 heures nécessiterait de lutter contre une force puissante : celle d’une idéologie perverse ayant réussi à faire du travail un mal. Pourtant, comme le rappelait Albert Camus : « Le travail, c’est la seule dignité. »
Aujourd’hui, le “droit à la paresse” devient l’objectif des partisans de la décroissance et d’une génération pour laquelle le travail est perçu non plus comme un épanouissement, mais comme une contrainte.
« Le travail est la clé de la vie sociale, il est ce qui unit les hommes », écrivait Bergson. Et la désintégration de la valeur travail produit des effets visibles : une société qui ne produit plus assez et se retrouve vassalisée par ceux qui travaillent plus qu’elle.
À ceux qui doutent encore, rappelons cette vérité du sociologue Max Weber : « Le travail n’est pas seulement un moyen de gagner sa vie, il est une vocation. »
Dans dix-huit mois, le débat présidentiel devra se focaliser sur cette question essentielle :
combien de temps voulons-nous travailler pour rester libres ?

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