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Le métier d’arbitre n’attire plus. Un constat qui ne date pas d’hier, puisque déjà depuis quelques années, la profession bat de l’aile. En cause, les violences qu’ils subissent et le manque d’accompagnement. Alors comment faire renaître des vocations ?
Le monde du sifflet est en crise. Le métier d’arbitre ne passionne plus les foules. Accentuée par la crise sanitaire, la profession voit son nombre de professionnels diminuer chaque saison. La FFF (Fédération Française de Football) recence une perte en moyenne de 1 000 arbitres par an. Ils étaient 20 527 en 2021 contre 25 300 en 2015. Et il faut dire que depuis quelques années la figure d’autorité incarnée par l’arbitre n’est plus. Les violences, les insultes, le harcèlement, un environnement hostile que beaucoup déplorent. Ce qui pousse bon nombre d’entre eux, à abandonner leur vocation. Une situation plus que complexe puisque le nombre de matchs et le nombre de licenciés, eux, n’ont pas baissé. Ils ont même augmenté !
En 2024, selon l’Injep, les fédérations sportives agréées en France ont délivré 17,2 millions de licences. Cela représente une augmentation de 3,8 % sur un an et de 5,3 % par rapport à 2019. Alors, face à cette crise, l’UEFA a lancé une campagne de recrutement à l’été 2024, afin d’attirer 40 000 nouveaux arbitres en Europe.
Quels sports touchés ?
Il n’y a pas qu’au football, qu’on constate une diminution du nombre d’arbitres. Le constat est similaire du côté du rugby, du handball et du basket-ball. Tous regrettent le manque de candidats et observent, démunis, les départs précipités. « On a 2 700 arbitres en France. Il en faudrait 3 300 pour couvrir les rencontres. À la suite des propos qu’il y a eu sur les réseaux sociaux extrêmement durs vis-à-vis des arbitres, on a des jeunes arbitres en formation qui ont arrêté », explique Florian Grill, président de la FFR (Fédération Française de Rugby) au micro de RMC. Protéger les arbitres des agressions qu’ils subissent reste essentiel, mais ce ne sont pas les seuls obstacles qui freinent les vocations.
En effet d’autres facteurs entrent en jeu comme le manque de reconnaissance, un statut peu valorisé, des indemnités faibles, un manque de formation et de suivi des arbitres. Sans oublier les déplacements professionnels pour les matchs qui bousculent la vie personnelle. Une pénurie qui s’accentue davantage dans les clubs amateurs. C’est le cas de l’US Saint-Gervais-sur-Roubion en troisième division. À court de solutions, le club a lancé un appel pour trouver des arbitres sur Leboncoin. Un cri d’alerte pour les petits clubs, et pour cause : pas d’arbitres, pas de matchs. Les rencontres sont reportées ou ne peuvent se disputer, ce qui équivaut à des sanctions financières et une possible descente dans le classement. De manière plus globale, ce manque d’arbitres provoque une baisse des licenciés et une pression plus accrue sur ceux qui restent.
Quelles solutions ?
Conscients de cette situation, bon nombre de présidents et de sportifs mettent en place des initiatives pour favoriser le métier d’arbitre en France. Le dernier en date ? Nikola Karabatic, qui lance la « Mission Arbitrage : les flammes de l’arbitrage ». Une journée pour faire découvrir à 150 jeunes la profession tout en « gamifiant » l’expérience. En collaboration avec La Poste, cinq sports seront représentés : le football, le handball, le rugby et le basket-ball. En ce sens, chaque année depuis 21 ans, La Poste organise les Journées de l’arbitrage pour faire découvrir le métier et enrayer la dynamique d’abandon de postes.
Mais faire naître des vocations ne suffit plus. Il faut désormais sensibiliser et assurer le suivi des arbitres. Car en effet, le respect des sportifs envers les arbitres est complétement absent lors de certaines rencontres. Une responsabilité commune entre les fédérations, les supporters et les sportifs. Afin d’aider les arbitres, Florian Grill a mis en place une application iArbitres afin d’évaluer après un match le comportement du banc de touche et des tribunes. Des données qui sont ensuite envoyées aux représentants de la FFR pour qu’ils prennent les mesures adéquates. Des initiatives pour faire à nouveau vibrer un métier essentiel dans le sport.



































