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À l’approche de la Coupe du monde 2026 de football, les autorités sont sur le qui-vive. Les chiffres records de cette compétition dépassent l’entendement, avant même qu’elle n’ait débuté. Une compétition d’une ampleur déjà vivement critiquée par les supporters, notamment en raison du prix des maillots. Un business en pleine forme.
Un maillot de football, c’est un produit particulièrement rentable pour les fabricants. 35 % du prix revient au distributeur, 25 % à l’équipementier, entre 8 et 15 % au club ou à la fédération et 5 % au transport. Le reste aux taxes. Pourtant, avec l’inflation, le marché s’est retrouvé sens dessus dessous. Et cette Coupe du monde y est également pour quelque chose.
Un business florissant
Les États-Unis, le Canada et le Mexique accueilleront la prochaine Coupe du monde, du 11 juin au 19 juillet. Pour l’occasion, les nouveaux maillots des Français ont été révélés. Un vert en hommage à la statue de la Liberté pour le maillot extérieur, et des tenues plus classiques à domicile. Là où le bât blesse, c’est le prix… 160 euros, en comptant 17 euros de plus pour un flocage. Et la version « replica », moins qualitative, coûte tout de même 110 euros.
C’est un business porteur, qui profite de la popularité toujours grandissante du sport. En 2022, les prix variaient de 90 euros à 140 euros… une hausse de près de 20 % donc, entre ces deux mondiaux. Et une hausse encore plus marquée en remontant à 1978, où les maillots se vendaient environ 63 euros.
Mais ce n’est pas un phénomène propre à la France. Le maillot « replica » de l’Angleterre avec flocage se vend environ 120 euros, d’après la BBC. Et ce n’est pas non plus réservé aux équipes nationales, alors qu’un maillot de Ligue 1 est passé en moyenne de 70 euros en 2012 à 80 euros en 2021. Un bénéfice important, alors que le processus de fabrication et de vente se ferait à bien faible coût. Environ 10 euros pour la fabrication, et 10 euros de plus pour le marketing, les licences et la distribution, d’après un expert interrogé par la BBC.
« Acheter une contrefaçon, c’est aussi financer la criminalité organisée »
Alors pour continuer à se faire plaisir sans se ruiner, les supporters se tournent vers des faux maillots. Entre 10 et 25 euros en moyenne pour un maillot de qualité moyenne, avec un flocage qui commence à s’abîmer après plusieurs lavages. « Aujourd’hui, n’importe qui peut acheter un faux maillot de foot en ligne », confirme Delphine Sarfati-Sobreira, directrice générale de l’Union des fabricants (Unifab), auprès de l’AFP. « On est passé de la mamma italienne qui les fabriquait dans un atelier au fond d’une cour à des usines entières en Chine. » Les achats de ces faux maillots se multiplient naturellement à l’approche des grandes compétitions et dans leur sillage.
C’est à la fois le résultat de l’inflation et d’un business qui s’est démocratisé, poussant certains consommateurs vers l’illégalité. Aujourd’hui, de plus en plus de supporters portent des maillots de leurs équipes favorites quotidiennement. Reste à trouver un site en ligne… des sites qui ne se cachent pas vraiment. Pourtant, Delphine Sarfati-Sobreira rappelle que ce business est illégal : « C’est un crime qui rapporte énormément, jusqu’à 100 fois la mise, alors que ce n’est même pas le cas pour la drogue. C’est assez peu puni et donc, fatalement, tous les criminels se sont mis sur cette activité. Acheter une contrefaçon n’est donc pas un acte anodin : c’est aussi financer la criminalité organisée », sur Radio France.
Alors, les douanes françaises redoublent d’efforts. Près de 2 300 faux maillots ont été interceptés en région parisienne durant la seule dernière semaine de mai. Et en 2025, la douane a intercepté près de 3 millions de ces contrefaçons, qui proviennent bien souvent de Chine. Cet achat reste une infraction en France et dans l’Union européenne, avec un risque concret de saisie douanière. En effet, 20,22 millions d’articles ont été retirés du marché grâce à ces saisies. « Ce n’est pas anodin de fabriquer, de transporter et d’acheter une contrefaçon : on alimente des réseaux criminels. C’est de l’emploi en moins, une perte de savoir-faire et des pertes de recettes fiscales », rappelle Yann Ambach, chef du bureau en charge de la politique tarifaire et commerciale à la Douane française.
À retrouver, un article Sport Business consacré aux chiffres fous de la Coupe du monde 2026, dans le n°130 (dans les kiosques fin juin).






























