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Les 4 et 5 juin 2026, la 12e édition du Congrès Fitness Challenges, réunira 200 professionnels du fitness à l’Espace Charenton à Paris. L’occasion de faire le bilan d’un secteur en pleine expansion qui se transforme à une vitesse folle.
Qu’est-ce qu’il faut comprendre derrière le terme « fitness » ? Une notion vaste, qui englobe une multitude de pratiques physiques, du yoga au cross-training, en passant par l’Hyrox – cette discipline dont on entend de plus en plus parler, qui mêle huit séquences de course à pied et huit exercices de force. Le fitness, c’est aussi un état d’esprit. Celui d’un mode de vie tourné vers le bien-être et la performance personnelle. Et surtout un secteur qui brasse des millions et qui gagne en popularité – et la France ne fait pas exception.
Un marché qui se polarise
Sans mauvais jeu de mots, le marché du fitness affiche une santé de fer. Aujourd’hui, la France compte près de 6 500 clubs, pour 7 millions de pratiquants et 3,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires. En moyenne, les adeptes de fitness consacrent 41 euros par mois à la pratique.
« Le marché se porte bien, mais il se polarise. Derrière ces chiffres globalement positifs, les réalités sont très contrastées. Les grands réseaux low cost (bas prix, ndlr) ont industrialisé le volume, les studios premium et le Reformer Pilates explosent par le haut. Le milieu de marché – les clubs généralistes indépendants – se retrouve pris en étau entre ces deux forces », analyse Pierre-Jacques Datcharry, fondateur du Congrès Fitness Challenges.
Il y a quelques années nous avons assisté à l’explosion des enseignes dites low cost, parmi les plus connues on pense à Basic-Fit – qui dépasse les 900 clubs en Europe, Fitness Park ou On Air, qui continuent d’ailleurs d’ouvrir de nouvelles salles. « Ces réseaux ont imposé des standards – horaires étendus, équipements abondants, prix accessibles – que tout le monde doit désormais intégrer comme référence de base. Mais le modèle pur “tout volume, peu d’usage” s’essouffle. L’enjeu des High Value Low price (HVLP, forte valeur, prix bas, ndlr) n’est plus d’être les moins chers, c’est de devenir la meilleure affaire perçue : accessibilité forte, mais montée en gamme de l’expérience, des résultats et du bien-être. Celui qui réussira cette mue dominera le segment pendant dix ans », prévient le fondateur de l’événement business consacré au fitness.
Du « culte du corps » au bien-être
La plus grande transformation du secteur, après l’émergence du low cost ? Pour Pierre-Jacques Datcharry, la réponse est sans appel : le secteur est passé d’une logique centrée sur l’apparence et la perte de poids à une quête plus globale de bien-être, axée sur le sommeil, l’équilibre mental et la santé.
« Le fitness devient pour la première fois un véritable style de vie, et pas seulement une discipline sportive. Ce changement est une immense opportunité pour les clubs qui savent l’incarner concrètement dans leur offre – avec du coaching, du suivi des résultats, une approche holistique. Ceux qui se contentent de louer des machines passent à côté. Cette tendance est portée par les politiques qui se rendent enfin compte des limites de notre système de santé et qui misent dorénavant sur la prévention. C’est un choix de société. »
Ce basculement s’explique-t-il aussi par un effet générationnel ? La génération Z – communément appelée Gen Z – pour qui les sujets de santé mentale sont moins tabous par rapport à leurs ainés, accorde une attention croissante au bien-être physique et psychologique. Une tendance largement nourrie par les réseaux sociaux. « La Gen Z est fascinante parce qu’elle casse tous les stéréotypes qu’on lui colle. On pensait qu’elle ne s’entraînerait qu’avec des applis et des influenceurs. En réalité, elle revient dans les salles avec un niveau d’exigence très élevé – sur les équipements, sur la communauté, sur la qualité du coaching », éclaire le professionnel du fitness.
Sans parler des études, nombreuses et largement diffusées, sur les bienfaits d’une activité physique régulière. Certaines pratiques de fitness suscitent toutefois des critiques, voire des inquiétudes, à l’image de l’Hyrox, après le décès d’une jeune femme lors de l’édition lyonnaise de la compétition, le 24 mai dernier. « La musculation, le functional training, l’Hyrox : ce sont des pratiques qui nécessitent un encadrement réel », souligne-t-il.
Les clubs doivent s’emparer de ce crédo et devenir des acteurs santé crédibles. Pour cela, ils doivent investir dans « la formation des équipes, des outils de bilan et de suivi et dans des protocoles adaptés aux pathologies chroniques. Ce n’est pas une étiquette qu’on colle à une salle classique. Des enseignes comme Elancia première labellisée “Salle Sport-Santé ” et des clubs indépendants très spécialisés comme La Maison Epigenetic à Paris avec leur suivi hyper personnalisé montrent que c’est possible avec un modèle économique viable. Le contexte est favorable : les médecins cherchent des partenaires de terrain fiables, les mutuelles commencent à regarder les clubs différemment. La fenêtre d’opportunité est réelle pour ceux qui se structurent sérieusement.»
Les enseignes qui parviendront à tirer leur épingle du jeu seront celles capables d’allier une vision claire de leur mission à des outils suffisamment solides pour la concrétiser. La salle de fitness dans dix ans ? « Elle ressemblera moins à une salle de sport et davantage à un centre de santé et de vie. L’entrée sera souvent numérique – on aura déjà commencé sa relation avec le club avant de pousser la porte. À l’intérieur, chaque séance sera connectée à un suivi biométrique et à des objectifs personnels », prédit Pierre-Jacques Datcharry.





























