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La recommandation vient d’en haut et elle ne risque pas cette fois-ci de se perdre dans les méandres des couloirs ministériels ! « La France est un mauvais élève en matière de recyclage du plastique : elle est 26e sur 27 États membres et elle peut certainement faire beaucoup mieux. Notre pays paie 1,5 milliard d’euros de pénalité à l’Union européenne pour non-atteinte des taux de recyclage sur les plastiques. Je pense qu’il faut maintenant bouger. La consigne pourra faire partie des leviers d’action étudiés. ». Pour réduire l’usage du plastique, le Président de la République Emmanuel Macron demande impérativement au gouvernement d’accélérer la concertation sur la consigne des bouteilles. Par Ezzedine El Mestiri.
Le dossier est tellement brûlant et controversé qu’aussitôt la déclaration présidentielle a suscité une forte opposition de la part des collectivités locales qui ne veulent pas se priver de la manne financière qu’elles tirent de la revente de plastique collecté dans les centres de tri. Cette levée de boucliers contre la consigne n’est pas nouvelle. C’est elle qui fait renoncer le gouvernement à l’intégrer dans son « plan plastique » présenté 2025.
La consigne obligatoire à partir de 2029 !
La France est en retard sur les objectifs européens de réduction de la production et de la consommation de plastiques. Et malgré une législation avant-gardiste par l’adoption en 2020 de la loi anti-gaspillage pour l’économie circulaire (Agec), Paris fait partie des mauvais élèves européens. Aujourd’hui, moins d’une canette sur deux est collectée pour être recyclée, à peine plus d’une bouteille sur deux et moins de 3 % des bouteilles sont réemployées. Chaque jour, ce sont 22 millions de bouteilles plastiques et canettes qui sont incinérées, enfouies ou abandonnées dans la nature !
En Europe, 17 pays européens ont déjà mis en place un système de consigne tels que l’Allemagne, l’Irlande, la Suède, la Finlande, l’Autriche, la Hongrie, la Roumanie, les pays Baltes. D’autres, comme l’Espagne, la Pologne, le Portugal, et le Royaume-Uni comptent l’instaurer d’ici à 2027. Rappelons que la réglementation européenne rend obligatoire, à partir du 1er janvier 2029, la consigne pour recyclage des bouteilles et canettes.
Des expérimentations prometteuses
Le réemploi du verre primait durant les années 1930-1940 dans un contexte de guerre et de pénurie de matériaux. Une loi de 1938 avait même rendu obligatoire la consignation des emballages de bières et de boissons gazeuses comme les limonades. Très courante dans les années 50 et 60, la consigne a été écartée à cause de nos nouvelles habitudes de consommation. Une bouteille en verre était utilisée puis réutilisée jusqu’à 40 fois.
La consigne sauvera-t-elle la transition écologique ? L’enquête menée par Ipsos Bva pour Reloop Platform en 2025 vient éclairer le débat sur la généralisation du système de consigne. Elle séduit à l’échelle nationale comme régionale. Sa notoriété reste élevée. 88% des Français la connaissent et 93% se déclarent favorables à son instauration.
Citeo, l’organisme chargé de déployer le retour de la consigne appelle à sa mise en œuvre pour atteindre les objectifs 3R : Réduction, Réemploi et Recyclage. Il opère aux côtés des entreprises avec des projets accompagnés sur tout le territoire. Depuis 2025, une expérimentation est menée dans quatre régions (Bretagne, Pays de la Loire, Normandie et Hauts-de-France). L’objectif est d’organiser un retour à grande échelle de la consigne pour le réemploi des emballages en verre, avant un déploiement national. Atteindre les 10 % d’emballages réemployés d’ici à 2027. D’autres expérimentations prometteuses existent déjà sur le plan local et en circuits courts, souvent réalisées par des entreprises de livraison mais aussi des brasseries.
La consigne n’est pas la solution miracle. Réduire notre consommation de plastique, c’est appliquer les lois qui ont été votées, utiliser d’autres emballages et développer le vrac. Il faut avoir le courage d’interdire les emballages plastiques lorsqu’ils sont inutiles. Il est temps de s’intéresser sérieusement et intelligemment à ce fléau qui est le plastique et ses conséquences écologiques et sanitaires.





























