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Qui ? Safekeeper
Quoi ? Une plate-forme de mise en relation avec des bikesitters
Avec l’essor du vélo et des trottinettes électriques dans les grandes villes françaises, une problématique revient constamment chez les utilisateurs : où stationner son véhicule sans craindre le vol ? C’est sur cette question qu’est née Safekeeper, jeune start-up lyonnaise lancée officiellement en juillet 2025.
Son concept : mettre en relation des propriétaires de vélos et trottinettes avec des particuliers ou commerçants capables de garder temporairement ces véhicules en sécurité. Une idée simple en apparence, mais qui répond à un besoin réel dans le développement des mobilités douces.
Une idée née d’un problème du quotidien
L’histoire de Safekeeper débute il y a bientôt trois ans alors que Jérémy, aujourd’hui cofondateur et CTO de l’entreprise, se rend à un séminaire dans le centre de Lyon en trottinette électrique. Une fois sa journée terminée, un problème se pose : comment aller au restaurant puis en soirée sans devoir transporter son véhicule partout avec lui ? « Il est venu me voir en disant qu’il aimerait qu’un voisin puisse lui garder sa trottinette le temps de l’événement », raconte Marie Prudent, cofondatrice de la start-up et compagne de Jérémy.
Très vite, le couple décèle une opportunité business. Tous deux issus du numérique, lui dans la technique, elle dans le product management et le marketing, ils lancent une phase de recherche utilisateur auprès de communautés de cyclistes et d’utilisateurs de trottinettes. Le constat est immédiat : plus de 95 % des personnes interrogées disent avoir déjà été confrontées à la peur du vol. « On a vu que le problème, le pain comme on l’appelle dans l’entrepreneuriat, était bien présent », explique Marie Prudent.
Les fondateurs développent ensuite un premier prototype de l’application avant de le faire tester à des utilisateurs. Les premiers retours mettent rapidement en lumière des problèmes d’expérience utilisateur. « Les personnes étaient perdues sur l’interface », reconnaît la cofondatrice. Safekeeper retravaille entièrement son parcours utilisateur avec un designer et organise plusieurs sessions de tests grandeur nature : « On a créé des événements avec des utilisateurs potentiels de 18 à 65 ans pour récolter des centaines de retours », précise Marie Prudent. C’est le 1er juillet 2025 que la plate-forme est lancée officiellement.
Un modèle basé sur la confiance et la communauté
Le fonctionnement de Safekeeper repose sur un système de bikesitters. Concrètement, des particuliers ou commerçants qui disposent d’un espace libre peuvent garder temporairement des vélos et trottinettes électriques contre rémunération. « On a une volonté forte de permettre à nos bikesitters de compléter leurs revenus », explique Marie Prudent. De leur côté, les utilisateurs réservent directement via l’application un lieu sécurisé à proximité de leur destination. Des services supplémentaires comme la recharge des véhicules sont également proposés. Pour garantir la fiabilité du service, la start-up a mis en place plusieurs dispositifs de vérification. Les bikesitters doivent fournir une pièce d’identité, un justificatif de domicile et, pour les commerçants, un numéro SIRET valide. Un système de notation permet aussi à la communauté d’évaluer chaque expérience. « On souhaite avoir une communauté la plus fiable possible dans les deux sens », insiste la cofondatrice.
Lauréate du programme Femmes Entrepreneuses d’Orange, Marie Prudent travaille désormais à accélérer le développement de la start-up. Après un passage remarqué dans l’émission Télématin, Safekeeper a rapidement suscité l’intérêt d’utilisateurs partout en France. Une croissance rapide que l’entreprise reconnaît avoir parfois eu du mal à maîtriser. « On a fait une erreur de jeune entrepreneur en voulant aller partout tout de suite », admet-elle.
Avec seulement 20 000 euros investis au départ, les fondateurs ont développé seuls une grande partie du projet. Leur principal frein reste aujourd’hui la communication et le financement nécessaire pour faire grandir la communauté. Malgré cela, Safekeeper vise 50 000 utilisateurs actifs d’ici à 2027. « Notre objectif est de devenir une référence mobilité en France, et on espère demain en Europe », conclut Marie Prudent.






























