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2,15 milliards de revenus mondiaux
En France et dans le monde le sport féminin gagne du terrain. Les revenus mondiaux explosent malgré des ressources qui restent limitées. Alors le sport féminin est-il en train d’entrer dans une nouvelle ère ?
Trop souvent délaissé au profit des compétitions masculines, le sport féminin prend enfin le large. Selon une étude du cabinet Deloitte, les revenus mondiaux du sport féminin professionnel devraient atteindre 2,35 milliards de dollars (2,15 milliards d’euros) en 2025. Soit une augmentation de 240 % en quatre ans. Et ce grâce à l’appui des différentes compétitions sportives programmées cette année. Comme la Coupe du monde féminine de rugby en Angleterre en septembre 2025, qui enregistre déjà « des ventes supérieures de 50 % à celles de la Coupe du monde féminine de rugby 2021 en Nouvelle-Zélande » avec « plus de 220 000 billets déjà vendus ».
Des chiffres qui font suite au dépassement des prévisions initiales de 1,28 million de dollars pour arriver à 1,88 milliard de dollars (1,72 milliard d’euros) en 2024. « L’attrait commercial des sports féminins et de ses athlètes n’a jamais été aussi élevé, car le secteur continue de briller sur la scène mondiale », précise le rapport. Les prédictions prennent en compte les revenus liés aux matches, la retransmission, la publicité, les parrainages, les partenariats, les ventes de produits dérivés et les tournées de pré-saison. Le basket reste le sport qui génère le plus de revenus avec 1 milliard de dollars soit 916 millions d’euros. Avant même le football qui génère 820 millions de dollars (751 millions d’euros).
Le sport féminin progresse…
Le développement du sport féminin en France s’inscrit dans une volonté politique de valoriser les pratiques sportives en faveur des femmes. Un engagement qui passe notamment par l’augmentation des financements dédiés. Selon le site du ministère des Sports, de la jeunesse et de la vie associative, en 2024, 12,9 % des crédits PSF étaient destinés à des actions en faveur des femmes. En 2025, ce taux passe à 20 % pour toutes les fédérations sportives. Le plan « 5 000 équipements Génération 2024 » permet également de déployer des structures pensées pour favoriser la pratique féminine. Toujours selon leurs chiffres, entre 2021 et 2023, le nombre de licenciées a progressé de 8,9 %, contre 6,5 % pour les hommes. Ainsi, en 2024, 68 % des femmes déclaraient pratiquer un sport au moins occasionnellement contre 73 % des hommes.
En outre, l’essor du sport féminin s’accompagne d’une médiatisation et d’un soutien économique plus accru. En 2024, 1,063 million d’euros ont été déployés par l’Agence nationale du sport (ANS) pour soutenir la production audiovisuelle des compétitions féminines. Tout comme l’Arcom qui s’engage au côté de l’État dans l’opération « Sport Féminin toujours » pour renforcer la présence du sport féminin dans les médias. Des politiques soutenues par un intérêt croissant des Français pour les pratiques sportives féminines, 54 % d’entre eux déclarent suivre des compétitions féminines, un chiffre qui monte à 72 % chez les amateurs de sport.
… mais des efforts encore nécessaires
Si le sport féminin progresse, les inégalités persistent. Selon l’Arcom, sur l’ensemble des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, 37 % du volume horaire de retransmission d’épreuves concernait du sport féminin. Contre 56 % de sport masculin et 7 % de sport mixte. Des chiffres qui s’expliquent en partie par les préjugés existants et les moyens alloués. Les sportives sont également confrontées aux inégalités salariales et au sexisme persistant. Selon Oxfam France, 87 % des abus repérés sur les réseaux sociaux pendant les Jeux olympiques de Tokyo en 2021 visaient des femmes et 29 % de ces propos relevaient du sexisme. Alors même si de nets progrès sont observés, il reste encore du boulot.



































