Les structures sportives connaissent des soucis financiers, qui inquiètent aussi bien leurs responsables que leurs pratiquants.
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Une structure sportive sur cinq fait face à une situation financière fragile. L’effet post-Jeux de Paris n’a pas suffi aux structures sportives pour terminer l’année sereinement ! Le secteur fait face à tout un tas de problématiques économiques qui pénalisent les infrastructures sportives, et donc les pratiquants. 

Pas moins de 34 % des structures sportives interrogées par l’étude d’OpinionWay pour COSMOS (l’organisation patronale qui représente l’ensemble des employeurs du sport) et Aésio sortie en novembre 2025 estiment aujourd’hui que leur situation financière s’est détériorée. L’étude souligne la santé fragile et les multiples difficultés rencontrées par ces structures – qui sont des associations unisports (40 %), associations omnisports (16 %), fédérations sportives (11 %), différents comités, clubs, etc. Et pour 65 % des interrogés, c’est la mobilisation de financements privés ou la signature de partenariats qui cause la principale difficulté. Vient ensuite la baisse de subventions publiques (62 %) et les charges sociales ou fiscales trop élevées (41 %), entre autres. 

Des bâtons dans les roues… Volontairement ? 

Les structures sportives sont aujourd’hui fragilisées par « un contexte budgétaire national en retrait, des financements croisés des régions et départements fragilisés, une conjoncture économique délicate, et un bloc communal sous tension financière », explique le baromètre ANDES des subventions publiques locales, de mai 2025. Une conjoncture actuelle qui perturbe donc tous les secteurs, y compris le sport. 

Aujourd’hui, 62 % des structures sportives interrogées par OpinionWay connaissent des difficultés en raison de la baisse des subventions publiques. Pourtant, 89 % estiment qu’elles sont essentielles ! Elles permettent de financer les activités, les équipements, les investissements, et favorisent l’emploi et le développement territorial. Et cette baisse des subventions n’a pas encore connu son apogée : « Le pire est sans doute à venir », d’après la Banque des territoires, étant donné la baisse du budget alloué au sport dans le projet de loi de finances (PLF) pour 2026. « Le budget du programme sport du ministère des Sports, de la jeunesse et de la vie associative – dit programme 219 – qui devrait s’établir à un peu plus de 554 millions d’euros pour le prochain exercice, est en baisse de -6,53 % (en crédits de paiement) par rapport à 2025 (593 millions d’euros) », écrit le journal Le Monde en octobre 2025.  

Des Jeux olympiques et paralympiques déjà oubliés ? 

L’effet des Jeux s’estompe bel et bien ! En octobre 2024, 50 % des adhérents du COSMOS remarquaient une augmentation du nombre de licenciés, là où ils ne sont plus que 30 % aujourd’hui. Et avec ces soucis de financement plus ou moins importants en fonction des structures, ces dernières se voient contraintes de s’adapter. D’après le baromètre ANDES, « 43 % des collectivités annoncent une diminution du budget sport », « 49 % réduisent leurs investissements en matière d’infrastructures sportives », « 41 % réduisent le montant alloué à l’organisation d’événements sportifs » et « 31 % diminuent leurs effectifs dédiés au sport. » 

Mais cette mauvaise santé financière se répercute aussi sur les pratiquants ! Et là est le nouveau risque pour ces infrastructures : perdre leurs adhérents. 49 % des structures sont forcées d’augmenter les cotisations ou les tarifs – bien que 93 % continuent à mener des actions spécifiques pour favoriser l’accès aux services et activités – et pour certains pratiquants, il est difficile de suivre l’augmentation des coûts. Ils se voient alors contraints de stopper leur pratique, au grand dam des efforts faits pour encourager à la pratique sportive. 

« C’est pourquoi l’ANDES réaffirme la nécessité d’investir chaque année, d’ici à 2030, 1 % du budget de l’État en faveur du sport. » Un budget toujours en cours de discussion à l’Assemblée, les différentes structures espèrent que l’accès au sport, pour le plus grand nombre, sera sauvé. Déjà en janvier 2025, Teddy Riner, légende française du judo, alertait sur la chute du budget consacré au sport. 

« Le sport ne doit pas être le grand sacrifié des causes budgétaires et comptables », rappelait le rapporteur général du budget Jean-François Husson (LR). Et pour y remédier, les structures sportives cherchent surtout des mécénats ou du sponsoring (58 %) d’après OpinionWay, ou s’activent à développer des prestations supplémentaires comme des stages, des formations ou en organisant des événements (44 %). Certains mobilisent aussi plus de bénévoles pour espérer quelques économies supplémentaires (25 %). Mais l’optimisme doit rester présent ! Malgré tout, 78 % des structures envisagent, pourtant toujours, de recruter du personnel dans les métiers de l’encadrement et de l’activité physique et sportive. Reste à voir comment ces dernières parviendront à faire face à ces crises, sans sacrifier leurs adhérents pour autant. 

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