Marathon Business
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Après Paris, c’est Londres qui s’apprête à accueillir les marathoniens ce dimanche 26 avril. Sans compter les nombreux événements organisés à l’échelle régionale toute l’année. Au fil du temps, plus qu’une épreuve sportive, le marathon est devenu un phénomène mondial… et surtout un business bien rodé.

La course à pied est devenue une véritable tendance. Sur les réseaux sociaux comme dans nos cercles proches, on a presque l’impression d’être anormal si l’on ne chausse pas des sneakers chaque dimanche matin pour aller courir. En effet, « on dénombre aujourd’hui dans l’hexagone près de huit millions de coureurs réguliers, c’est-à-dire des personnes qui pratiquent au moins une fois par semaine », révélait Virgile Caillet, délégué général de l’Union sport & cycle, dans les colonnes du Figaro.

En 2025, le secteur de la course à pied pesait 1,2 milliard d’euros en France, contre 850 millions en 2019. Il s’impose désormais comme le deuxième marché du sport en France, derrière le vélo, selon l’Observatoire du running de l’Union sport & cycle.

Dossards, affluence… les chiffres qui donnent le vertige

En 2016, pour participer au marathon de Paris il fallait débourser environ 80 euros. Aujourd’hui, le prix du dossard est de 135 euros minimum. « En 2025, on évalue le poids économique des dossards à plus de 130 millions d’euros en France », ajoute Virgile Caillet. Plus vertigineux encore, à New York ou Londres, les aspirants coureurs payent plus de 300 euros et sont soumis à un tirage au sort pour espérer participer à la course.

Comment expliquer ces tarifs exorbitants ? D’abord, le nombre de participants à ces événements sportifs a explosé. Les marathons affichent complets de plus en plus tôt. « En 2023, on était complets en septembre et là pour l’édition 2026, on sera complet début avril pour une course organisée en novembre », confirme Nicolas Mauny, responsable développement de l’association du marathon de La Rochelle, auprès des Échos. Pour ce qui est du marathon de Paris, qui a eu lieu le 12 avril dernier, 58 880 participants étaient au départ de la course, dont 75 % pour la première fois.

Ensuite, en raison de cette demande en forte hausse, « les villes sont tellement sollicitées pour organiser des courses qu’elles considèrent aujourd’hui que ça peut être un coût pour la collectivité et un préjudice pour les commerces. Elles font donc payer et demandent un coup de passage au kilomètre », dévoile Virgile Caillet. À titre d’exemple, à Paris, ce coût de passage correspond à une concession payée par l’organisateur de la course, Amaury Sport Organisation. Son prix ? 1,7 million d’euros en 2024. Soit une hausse de 11 % par rapport à l’année précédente. Sans compter les coûts du budget sécurité, « qui sont imposés aux organisateurs à cause de la menace terroriste et de la crise sanitaire », ajoute Virgile Caillet.

Un business florissant pour les marques

Pour que ces coureurs puissent performer, il leur faut de bons équipements. Selon l’Observatoire du running, les coureurs réguliers ont dépensé en moyenne 554 euros pour s’équiper en 2024. Pendant longtemps, l’économie du running était l’apanage des acteurs historiques, Adidas et Nike en tête.

Aujourd’hui, le secteur est de plus en plus concurrentiel. On pense notamment à la marque japonaise Asics, qui détient 36 % des parts de marché du segment des chaussures de performance sur route selon le cabinet Circana, et qui a franchi pour la première fois le cap du milliard d’euros de chiffre d’affaires en Europe en 2024.

Le revendeur Decathlon, quant à lui, a quadruplé en cinq ans le nombre de produits concurrents dans ses rayons running, passant de 20 à 80. De nouveaux acteurs ont fait leur entrée sur le marché, à l’image de Hoka et On, deux marques nées autour des années 2010 qui ont depuis grignoté d’importantes parts de marché, affichant des résultats records.

En 2024, le marché des sneakers progresse de 10 %, avec près de 9 millions de paires de chaussures vendues, soit une hausse de 21 % par rapport à 2023.

Comment expliquer cette tendance qui semble être loin de s’essouffler ? D’abord, il y a cette quête de bien-être, à la fois physique et psychologique, un discours omniprésent aujourd’hui. Et un autre argument – moins noble peut aussi être mis en avant : l’apparition d’applications comme Strava, où l’on peut partager ses performances sportives avec les personnes qui nous suivent… et entretenir une forme de compétition sociale permanente. Aujourd’hui, la plate-forme rassemble plus de 180 millions d’utilisateurs dans plus de 185 pays.

Journaliste. Si la curiosité est un vilain défaut, elle m'a permis d'en faire mon métier ! Je suis ravie de faire partie de l'équipe d'ÉcoRéseau Business, dont l'objectif est d'informer avec un regard constructif et optimiste. Dans mes articles, je m'efforce de rester aussi objective que possible… sauf quand il est question de Bordeaux, ma ville de cœur !

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