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La campagne massive de testing lancée par le gouvernement (4 000 candidatures fictives pour mesurer les discriminations à l’embauche) est utile : elle rend visibles et incontestables des écarts de traitement liés au nom, à l’adresse ou au genre.
Mais elle révèle surtout un problème plus profond : la France reste une économie non inclusive, où l’accès à l’emploi dépend encore trop de codes sociaux plutôt que des compétences. C’est le symptôme d’une illusion économique pour qui trier c’est optimiser. À bout de souffle, ce modèle gaspille en réalité du capital humain.
Plutôt que de créer de la valeur, il en détruit en excluant des talents, en entretenant des “ghettos” économiques, et en alimentant un cercle vicieux de sous-emploi, précarité professionnelle, dépenses sociales et défiance démocratique. Au moment même où les entreprises parlent de pénuries de compétences et où l’État peine à redresser ses comptes publics.
D’où la nécessité de s’appuyer sur le testing pour développer une politique d’inclusion économique nationale : claire, mesurable et pilotée. Elle doit combiner transparence, obligations de progrès, sanctions effectives quand la discrimination est avérée, leviers d’incitation (commande publique, aides conditionnées) et modernisation des pratiques RH.
Ne cédons pas à une autre illusion : répété à intervalles réguliers, le testing ne constitue pas pour autant une politique en soi ! Il demeure un outil pour passer du constat à la transformation vers un modèle économique plus juste, plus performant et plus durable.

![[LE DÉBRIEF] « QVEMA » saison 6, épisode 2 QVEMA](https://www.ecoreseau.fr/wp-content/uploads/2026/01/QVEMA-credits-M6-218x150.png)































