Legapass, la succession numérique facilitée

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Legapass
Jean-Charles Chemin, Eric Maïda et Adelina Prokhorova ont cofondé Legapass en 2021. (Crédit : Legapass)

Qui ? Legapass

Quoi ? Un outil à destination des notaires pour assurer la succession du patrimoine numérique des personnes décédées.

Il fallait bien que quelqu’un s’y penche. Avec l’avènement des cryptomonnaies, des placements numériques et autres banques en ligne, l’exercice de succession s’est transformé ces dernières années. « On a parfois des surprises comme des octogénaires avec plusieurs dizaines de milliers d’euros en portefeuille numérique », souligne Jean-Charles Chemin, l’un des trois cofondateurs de Legapass.

Et pour cause ! Selon plusieurs sources, plus de 10 % des Français posséderaient un portefeuille en cryptomonnaie. D’autres sont investis en crowdfunding, sur le Forex ou en paris sportifs. Et aujourd’hui, sans Legapass, la succession de ces actifs-là demeurerait très compliquée. Entretien.

Concrètement, comment fonctionne Legapass ?

On a plusieurs technologies. Notre produit d’origine, c’est le coffre Legapass. Il permet à n’importe qui de référencer ses objets de valeur ou son patrimoine numérique. Il permet aussi d’y laisser ses mots de passe, ses codes confidentiels, ses clés privées. Nous, notre mission derrière, c’est de le sécuriser et de n’ouvrir l’accès à ce coffre qu’à qui de droit.

Ensuite, il y a notre nouveau produit, le radar Legapass. Avec ça, on s’attaque au véritable problème : seulement 20 % des Français ont un testament. Pour les 80 % restants, il faut trouver une solution pour retrouver leurs actifs numériques avant qu’ils se perdent.

Pour ce faire, on récupère les informations d’état-civil. À partir de là, on est aujourd’hui capables de mener l’enquête et de retrouver une grande partie du patrimoine des personnes défuntes.

Le radar Legapass est exclusivement réservé aux notaires. Comment ont-ils accueilli cette innovation ?

Très bien ! Ça cartonne auprès des notaires. Parfois, on a l’impression qu’ils ont accès à tout un tas de fichiers, que c’est extraordinaire. En fait non, ils ont vraiment beaucoup de mal à gérer les successions. Surtout maintenant, avec l’explosion du numérique. Notre outil les aide vraiment.

D’ailleurs aujourd’hui, Legapass est labellisé par le Conseil supérieur du notariat. Et on est même parmi les deux premières entreprises dans lesquelles le groupe ADSN (l’un des acteurs majeurs du secteur notarial, ndlr) a investi.

Cette reconnaissance vous permet aujourd’hui de vous associer à Paymium pour gérer la succession des crypto-actifs…

Effectivement, d’un côté on a une plate-forme d’échange de crypto agrégée par le Web 3 (Paymium) et de l’autre, il y a nous, et notre crédibilité sur le plan notarial. Ça fait deux mondes de confiance qui se rencontrent et qui apprennent à se parler.

Très concrètement, avec cette association, nous prévoyons de ramener dans l’économie 200 à 300 millions d’euros grâce aux passations de cryptomonnaie. Mais pour ça, il faut tout d’abord que notre outil soit généralisé à toutes les successions.

Comment fait-on quand on est Legapass et qu’on doit récupérer les codes d’une personne défunte auprès d’une plate-forme d’échange de cryptomonnaie ?

Il y a des plates-formes qui ne sont pas très coopérantes, mais je m’abstiendrais de les citer (rire). Les principales le sont en tout cas. Au début, lors des premiers tests, on essuyait beaucoup de non-réponses, mais depuis 2024 la coopération se révèle plutôt fluide. Et avec la nouvelle règlementation MiCA, cela devrait encore s’améliorer.

D’ailleurs, nous avons eu pas mal d’échanges avec le service juridique de Binance (qui est la plate-forme de référence aujourd’hui, ndlr). On a passé une vérification et aujourd’hui ils sont très contents de travailler avec nous parce qu’avant, ils avaient un mal fou à gérer les successions.

Vous êtes donc un acteur reconnu dans votre secteur. Avec ce statut, quelle est la prochaine étape ?

On commence déjà à être sollicité par des notariats étrangers. Et donc, ce sont des demandes auxquelles on aimerait bien répondre rapidement pour développer notre service et commercialiser à l’international. Dans un premier temps en francophonie.

Mais pour cela, il faut lever des fonds. L’idée vise à renforcer les équipes et ainsi nourrir ces ambitions internationales. En Europe, il y a déjà pas mal de relais entre les notaires. Et on espère bien en profiter pour se servir du modèle français comme cas d’école et le répéter un peu partout.

Propos recueillis par Tanguy Patoux

 

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