Une nouvelle filière industrielle

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À une époque où la prise de conscience environnementale s’intensifie, le reconditionnement des objets émerge comme une véritable filière industrielle incontournable. Autrefois limitée à des initiatives associatives ou au secteur de l’économie sociale et solidaire, la réparation et la remise en vente sont désormais reconnues comme essentielles à la durabilité de notre économie et à la préservation de notre planète.

Selon une étude de l’Ademe, le marché des biens reconditionnés pourrait atteindre 1,4 milliard d’euros, avec un objectif ambitieux de réduire les déchets électroniques de 50 % au cours des dix prochaines années. En parallèle, la Commission européenne a estimé que l’Europe pourrait économiser jusqu’à 600 milliards d’euros par an grâce à une meilleure gestion des ressources et à l’intégration des principes de l’économie circulaire.

Le changement de mentalité est en marche. L’opinion publique comprend de plus en plus l’importance de lutter contre l’obsolescence programmée. Comme l’a souligné l’écrivain et environnementaliste Jean-Marc Jancovici : « Changer notre façon de consommer, c’est aussi changer notre façon de penser. L’obsolescence programmée est un modèle dépassé. »

On constate l’émergence d’acteurs du commerce du reconditionné. Des entreprises comme Back Market offrent des alternatives intéressantes, et la grande distribution s’y met aussi. Carrefour, par exemple, a lancé des gammes de produits reconditionnés afin de répondre à une demande croissante. Moins cher à l’achat et plus respectueux de nos ressources, l’objet réparé et remis en vente devient une véritable tendance qui va croître dans les années à venir.

Cependant, cette nouvelle filière industrielle ne doit pas nous échapper au profit de la délocalisation. Il est crucial d’aider les acteurs de cette filière émergente. Une des solutions pourrait être la mise en place d’une baisse significative de la TVA sur les produits reconditionnés et remis en vente. En effet, un smartphone made in China vendu en France a déjà payé une TVA de 20 %. À l’inverse, le même objet, reconditionné en France, pourrait bénéficier d’une TVA réduite à 5,5 %. Ce modèle a déjà été expérimenté avec succès en Espagne, où une réduction de la TVA sur les produits reconditionnés a entraîné une augmentation significative des ventes.

En résumé, le (re) Made in France n’est pas seulement une réponse à des enjeux économiques, mais également une démarche essentielle pour construire un avenir durable. Soutenons cette véritable filière prometteuse qui doit être considérée comme telle. Nous avons hélas perdu des pans entiers du Made in France depuis 50 ans ; il est urgent de ne pas faire la même chose avec le secteur émergent du reconditionnement des objets. Comme l’a affirmé l’économiste et auteur Esther Duflo : « L’innovation sociale et environnementale est l’avenir de notre économie. Ce n’est pas seulement une nécessité, c’est une opportunité. »

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