Un été entre colère, sidération et désespoir

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C’est la rentrée. Les enfants ont repris le chemin de l’école, les entreprises retrouvent leurs salariés et le pays se remet au travail. Mais l’été 2026 nous laisse une impression étrange, entre colère, sidération et désespoir.

Colère, d’abord, face à notre vulnérabilité. Le prix de l’essence est venu rappeler brutalement combien les conflits internationaux et les décisions des grandes puissances pèsent sur notre vie quotidienne. Énergie, matières premières, commerce : notre perte de souveraineté n’est plus un concept abstrait. Elle a désormais des conséquences très concrètes.

Colère encore devant un dérèglement climatique devenu une réalité douloureuse et tangible. Cinq épisodes caniculaires successifs et des phénomènes extrêmes ont marqué l’été. Leurs conséquences seront lourdes, notamment pour notre agriculture et, à très court terme, pour notre croissance. La faiblesse de notre anticipation face à ce qui est désormais inéluctable ne peut que nourrir la colère des victimes. La planète chauffe : adapter notre économie est désormais une urgence.

Sidération et vertige, aussi, devant les images venues de Chine et l’avance prise par ce pays-continent dans un secteur aussi stratégique que la robotique. Face à ce tour de force technologique venu d’Asie, l’Europe semble spectatrice d’une course dont dépend pourtant une grande partie de notre prospérité.

Les images de Ceuta nous rappellent, elles, une évidence géographique : l’Afrique est notre voisine. Sans ambition commune de développement et de croissance partagée, l’Europe restera confrontée à une pression migratoire aussi dangereuse que déstabilisatrice.

Enfin, à 250 jours de l’élection présidentielle, la rentrée politique dévoile une France fragmentée en trois blocs. Aucun ne semble, à ce stade, capable de proposer le vrai rassemblement et le grand projet collectif dont notre pays a besoin.

Et pourtant, le désespoir n’est pas un programme.

Produire davantage en France, réindustrialiser, investir dans les technologies d’avenir, reconquérir notre souveraineté énergétique, former nos jeunes aux métiers de demain et soutenir nos producteurs sur le front de la concurrence mondiale : voilà des choix concrets pour redonner à la France une dynamique mobilisatrice.

Alors, si la raison nous pousse au pessimisme, efforçons-nous d’être optimistes de coeur et de volonté.

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