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Alors que le handisport a bénéficié d’une visibilité record pendant les Jeux paralympiques en 2024, les promesses quant à son développement se sont rapidement évaporées. Un an après… que reste-t-il ?
Aurélie Aubert, Tanguy de La Forest, Gaël Rivière, Marie Patouillet. Ils ont fait rayonner la France lors des Jeux paralympiques de Paris 2024 en devenant une source d’inspiration pour des milliers de Français porteurs d’un handicap. Et pour cause ! L’Équipe de France paralympique a signé sa meilleure performance depuis 20 ans avec 75 médailles et une 8e place mondiale. Une réussite qui contribue logiquement au développement et à la visibilité du parasport.
Cette belle dynamique a également renforcé la place centrale de l’activité physique dans notre quotidien. Et a permis des avancées importantes, notamment avec le remboursement intégral des fauteuils roulants sportifs par la Sécurité sociale à partir de décembre 2025. Des progrès aussi sur la perception du handicap en France. Selon une étude de l’Arcom en décembre 2024, 75 % des Français affirment que les Jeux ont changé leur regard sur le handicap. Mais derrière ces avancées, où en est-on réellement un an après la fin des Jeux paralympiques ?
Une médiatisation qui fait du bien
La fin de l’été 2024 s’est achevée avec un signal plutôt positif pour le handisport. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, 2,5 millions de billets vendus, 13 000 heures de diffusion, des stades pleins et une ferveur inédite autour des athlètes. Une médiatisation nouvelle qui a participé à la démocratisation de certaines pratiques comme la boccia, discipline portée par Aurélie Aubert, un sport exclusivement paralympique. Elle qui n’était pas connue avant la compétition est désormais devenue l’un des nombreux visages des Jeux paralympiques. Tout comme Gaël Rivière, champion olympique avec l’équipe de France de cécifoot, « quand on gagne une médaille d’or aux Jeux on ne réalise pas vraiment tout de suite. Ce qui nous permet de réaliser l’ampleur c’est ensuite quand on revient dans le quotidien et qu’on vous en parle tout le temps », confie-t-il à ÉcoRéseau Business.
Un peu plus tôt l’on assistait au lancement en 2022 du programme Club inclusif. Une initiative portée par le Comité paralympique et sportif français pour les clubs qui visent à sensibiliser et à accompagner les personnes en situation de handicap. Le programme a déjà contribué à former 2 200 clubs en 2025 selon leurs données. Les clubs évoluent, les mentalités aussi, un constat que partage Gaël Rivière : « Ce qui me marque le plus avec les Jeux, c’est le changement de regard sur le handicap. Ça ne résout pas tout évidemment mais grâce au sport on a réalisé de grands pas. On a montré aux gens que les personnes en situation de handicap étaient porteuses de compétences ».
Un soufflé qui redescend peu à peu
Il y a des progrès mais pas assez. C’est ce que déplore bon nombre de parasportifs. La période enchantée des JOP passée, l’heure est au bilan. Et il n’est pas reluisant. Le projet de loi de finances 2026 devrait faire reculer le budget Jeunesse et Sports de 18 %, soit près de 200 millions d’euros en moins par rapport à 2025. « Nous avons eu coupe budgétaire sur coupe budgétaire. Et entendre que le budget 2026 va être encore réduit, c’est incompréhensible pour nous et notre écosystème », fustige Marie-Amélie Le Fur, présidente du Comité paralympique et sportif français, dans un communiqué d’Handicap.fr avec l’AFP. Et si ce budget est aussi important pour les sportifs, c’est qu’il représente pour certains leur seule rentrée d’argent. Avec le retrait de certains sponsors après les Jeux paralympiques, beaucoup ont du mal à poursuivre leur rêve.
C’est le cas de Flora Vautier, pongiste et médaillée de bronze en double mixte aux Jeux paralympiques de 2024, qui aurait souhaité « que cela fonctionne plus, que les entreprises ouvrent les yeux sur nos besoins. S’il n’y a pas de revenus, il est compliqué de faire le tour de la terre pour se qualifier dans des compétitions », explique-t-elle dans le communiqué. Alors à l’aube des prochains Jeux de 2028, l’incertitude règne chez certains athlètes. Le manque de revenus pourrait peut-être leur coûter leur place. En attendant, ils espèrent à nouveau un soutien de l’État et des entreprises pour pouvoir continuer à vivre de leur passion.


































