Bordeaux, Nantes... deux exemples parmi tant d'autres de clubs de foot qui connaissent des difficultés financières.
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Qui ne pense pas à Bordeaux lorsque l’on parle de difficultés financières dans le football français ? En quelques années, les Girondins sont passés de la Ligue 1 au football régional, avec une succession de déceptions sportives et de procédures financières. Mais ils sont loin d’être un cas isolé… 

Le football français serait-il plus fragile qu’il n’en a l’air ? Car l’accumulation des compétitions et la popularité du sport ne garantissent pas sa bonne santé sur le long terme. Son modèle économique est fragilisé, et certains clubs français se retrouvent au pied du mur.

Quand l’avenir repose sur une reprise  

Les Girondins se portent mal, et ce depuis plusieurs années déjà. Les chiffres en disent long : plus de 55 millions d’euros de pertes nettes cumulées au bilan en juin 2024, 26 millions d’euros de dette à ce jour… et des relégations à la pelle – en Ligue 2, National 2, Régional 1. La semaine dernière, le rachat du club par Park Bench, un fonds d’investissement, a fait parler de lui. L’euro symbolique qui a concrétisé l’accord s’accompagne de la reprise des dettes du club. Alors, le nouveau plan de continuation s’étale sur 12 ans, avec des dettes qui atteignent les 13 millions d’euros, réduites de moitié.

Cet accord de cession signé entre Gérard Lopez – propriétaire depuis 2021 – et le fonds d’investissement britannique relance les espoirs des joueurs, du staff et des supporters. Les Girondins de Bordeaux se préparent à être auditionnés par la Commission régionale de contrôle de gestion de la LFNA, ce mardi 6 octobre. Un passage obligé qui déterminera le budget de la saison prochaine et leur avenir sportif… rien que ça.

Mais du côté de Nantes, aussi, le remue-ménage est important ! Le propriétaire du FC Nantes, Waldemar Kita, a signé un accord de principe pour la vente de son club à des investisseurs européens, Phenix Sports Invest, pour plus de 100 millions d’euros. Après 19 ans passés à la tête du club, des déboires financiers, des résultats mitigés et une relégation en Ligue 2, une page se tourne… ou presque. Il reste plusieurs étapes à passer, comme le passage devant la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG). Mais l’historique de ce potentiel repreneur appelle à la prudence. Lui qui aurait pu racheter les clubs de Valenciennes et de Saint-Étienne… des décisions laissées sans suite.

Le foot connaît-il vraiment une mauvaise passe ?

Bordeaux et Nantes ne sont pas les seuls à se retrouver au pied du mur… D’après le bilan financier de la DNCG pour les clubs de Ligue 1 en 2026, le déficit cumulé atteint le milliard d’euros, avec une baisse des revenus des droits TV domestiques de 60 %. Au total, 14 clubs sont déficitaires, et seulement 4 sont estimés bénéficiaires.

La faute à qui ? À beaucoup de choses qui se sont accumulées. Le bouleversement des droits TV, d’abord, notamment en raison de la hausse des prix, qui peut pousser certains supporters à se tourner vers des plates-formes illégales. Mais c’est aussi la faute des réformes internes ou du sponsoring en déclin… Bref, pas de bête noire, mais un contexte qui explique pourtant les crises multiples.

Mais ces crises ne signent pas pour autant la fin du football français. Elles poussent seulement les clubs à se réinventer. Certains choisissent de vendre des joueurs pour réduire leur budget. Un moyen, certes, efficace de réduire le déficit budgétaire, mais qui s’avère aussi relativement risqué, sportivement parlant. D’autres réduisent les salaires, cherchent des investisseurs ou ont recours à des garanties bancaires. Cette dépendance à plusieurs sources de revenus interroge… et attendre désespérément un transfert miracle ou une entrée d’argent soudaine semble ne plus suffire.

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