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Pour la saison 2024-2025, le déficit cumulé de l’ensemble des clubs de football de Ligue 1 et de Ligue 2 pourrait atteindre 1,2 milliard d’euros.
L’instabilité du football peut représenter un risque. Et pourtant les investissements se multiplient. Après le rachat du Paris FC par Bernard Arnault (via sa holding Agache et accompagné par Red Bull), c’est maintenant Xavier Niel qui s’illustre avec Créteil. Alors pourquoi ces hommes d’affaires s’attaquent-ils aux clubs de football ?
Le football n’a pas fini de faire des affaires. Xavier Niel va devenir actionnaire de l’US Créteil-Lusitanos, actuellement cinquième de National 2. « J’ai grandi ici et j’en suis fier. Je n’oublie pas d’où je viens. Aider les Béliers à aller le plus haut possible, c’est ma manière de rendre à cette ville un peu de ce qu’elle m’a donné. Kaaris a mis la lumière sur Sevran ; moi, je veux mettre la lumière sur Créteil », a déclaré Xavier Niel lors d’une visite à Créteil.
Dans un communiqué, la holding NJJ du fondateur de Free, a expliqué que ce projet se concentrerait autour de trois priorités : la création et le développement d’un centre de formation, professionnaliser le club et faire rayonner Créteil. Après le rachat en novembre dernier du Paris FC par la famille Arnault ou encore bien avant lui, en 1998, du Stade Rennais par François Pinault, voilà un nouveau milliardaire qui s’implante dans le football français.
Quel intérêt ?
Pour les milliardaires s’associer au foot a divers avantages. En effet, c’est le moyen pour certains de faire des profits, mais pas seulement. Selon Martial You, dans les colonnes de RTL en 2024, il existe trois types de profils. « Le milliardaire qui s’offre sa danseuse, c’est un investissement dans la durée, par fidélité à un club de cœur. Comme le Breton, François Pinault à Rennes. » Celui du « spectateur qui parie sur une plus-value » et enfin celui « qui veut se faire un nom au niveau national et international ».
Puisque, pour les milliardaires, le football constitue une réelle vitrine en matière de notoriété. D’une part, par sa popularité et de l’autre par sa visibilité internationale. Il incarne même pour certains un instrument de soft power puissant, notamment pour les investisseurs de pays émergents. De la même manière, cela leur permet d’intégrer un réseau d’affaires plus large, et donc de multiplier les chances de business. En outre, s’offrir des grands clubs c’est l’assurance d’un bon placement sur le long terme, tant leurs valorisations augmentent avec les années.
Un business rentable ?
Si les différents accords, partenariats, transferts et autres représentent des chiffres astronomiques, les comptes ne le sont pas pour autant. Pour la saison 2024-2025, le déficit cumulé de l’ensemble des clubs de Ligue 1 et de Ligue 2 pourrait atteindre 1,2 milliard d’euros, d’après les dernières estimations de la DNCG, le gendarme financier des clubs. En 2023, sur l’ensemble des clubs, les revenus ont dépassé les 2 milliards mais restent inférieurs aux concurrents européens.
À titre d’exemple, la Premier League anglaise a approché les 7 milliards d’euros. « Il ne faut pas se planter, il n’y a pas de corrélation automatique entre l’argent que vous mettez et le retour économique. Surtout dans un pays où le PSG est intouchable et auquel il faut ajouter une belle machine comme Lyon et quelques rivaux pas trop mauvais. Ce qui fait la rentabilité, c’est la Ligue des champions », explique Luc Dayan dans Le Parisien. Et ajoute, « les investisseurs qui approfondissent les dossiers se rendent compte que ce n’est pas rentable », surtout pour les clubs de Ligue 1. D’autant plus, que les droits télévisuels ne représentent plus le jackpot tant espéré.



































