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J’ai croisé le 17 août, à Bormes-les-Mimosas (Var), pour l’anniversaire de la libération de la commune, le Président de la République. La conclusion de son discours portait sur l’espoir et l’optimisme. Comme dix ans plus tôt lorsque je l’ai convié à ouvrir l’édition du Printemps de l’Optimisme au Conseil économique et social. Son intervention aurait dû mettre la puce à l’oreille de ceux qui s’interrogeaient sur ses ambitions. Jugez plutôt :
« Il faut vouloir jouer un rôle résolu, avoir cet appétit pour le futur car c’est nous qui allons le faire. J’adhère au fait même d’être intempestif, de ne pas correspondre à l’esprit du temps pour marquer sa liberté. »
Chacun jugera s’il a été à la hauteur de cette ambition.
BLOCH, MOULIN, DE GAULLE
En d’autres circonstances plus tragiques cette idée de la résolution et de l’espoir marque l’histoire.
J’y pensais en parcourant à nouveau le livre de Marc Bloch, L’étrange défaite (Gallimard). Rédigé à l’été 1940, l’ouvrage sera publié après sa mort quand ce grand résistant sera arrêté, torturé et fusillé par la Gestapo. Le plus vieux capitaine de l’armée française, comme il aimait à se décrire, analyse la débâcle de la France face aux nazis. Sa conclusion est bel et bien prémonitoire : « La France verra de nouveau s’épanouir sur son vieux sol béni tant de moissons, la liberté de pensée et de jugement. Alors les brumes se lèveront peu à peu. »
À l’initiative d’Emmanuel Macron, il a rejoint Jean Moulin au Panthéon.
Les brumes se sont levées avec le général de Gaulle. Il n’avait pas avec lui l’esprit du temps. Il a surmonté toutes les difficultés, toutes les épreuves pour sauver notre honneur et notre liberté.
Si vous n’avez pas encore vu les deux films qui lui sont consacrés, allez-y vite. Comme cinq millions de personnes.
Un grand moment d’histoire, d’émotion et de résolution implacable.
En sortant du cinéma, j’ai repensé à ce passage de ses mémoires que je connais par coeur :
« Quand je dirige ma promenade vers l’une des forêts voisines, le Heu, Blinfex, la Chapelle, leur sombre profondeur me submerge de nostalgie. La vie depuis qu’elle parut sur la terre mène un combat qu’elle n’a jamais perdu. Alors, je me sens traversé d’un réconfort secret, ce que j’ai fait sera tôt ou tard source d’ardeur nouvelle après que j’aurai disparu. »
Rester debout, ne jamais renoncer, c’est notre devoir d’optimisme pour être fidèle à notre passé et vouloir jouer un rôle résolu.
LE GUIDE PRATIQUE DU BONHEUR
Plus modestement, je vous recommande un livre numérique de Julie Saba, relayé par la Ligue des optimistes de France, Tout le monde a droit au bonheur. C’est un guide pratique avec des outils simples pour voir la vie du bon côté. Julie est une ex-râleuse, pessimiste repentie. À la naissance de sa fille, elle a décidé de ne pas lui transmettre ses propres blessures. Elle a créé un blog puis écrit son premier livre.
Des hauteurs de l’histoire à tant d’initiatives comme celle de Julie Saba, pour tous ceux qui râlent ou qui doutent ou les deux, je rappelle sans cesse cette phrase de Camus, dans le Mythe de Sisyphe :
« C’est au coeur de l’hiver que j’ai découvert que j’avais en moi un invincible été. »
































