Filière hippique
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Filière agricole et sportive d’excellence, les courses hippiques en France représentent un patrimoine vivant unique en Europe. Avec 233 hippodromes répartis dans 68 départements, la filière hippique joue un rôle sous-évalué dans l’économie française. Mais face à la baisse de fréquentation, la concurrence des autres loisirs et la mutation du marché des paris, la filière doit aujourd’hui se réinventer.

Le week-end du 23 au 25 janvier 2026 marquera le retour du prestigieux Prix d’Amérique Legend Race à l’hippodrome de Vincennes – un rendez-vous équestre incontournable. Bien plus qu’une course, cette 105e édition a été pensée comme une expérience immersive de la discipline, avec de nombreuses animations et festivités.

Véritable institution du trot, le Prix d’Amérique Legend Race reste chaque année la course la plus jouée en France, avec plus de 17,7 millions d’euros misés lors de l’édition 2025. Elle est également la course au trot la mieux dotée du pays, totalisant un million d’euros d’allocations, dont 450 000 euros pour le vainqueur. Pour 2026, le format a été complètement repensé pour accueillir les 40 000 spectateurs attendus. Signe que la filière sait qu’elle doit se réinventer.

Difficultés de financement, concurrence…

La filière hippique fait face à une double pression : « la fréquentation des hippodromes est en baisse car il y a une compétition avec d’autres loisirs », indique Guillaume de Saint-Seine, président de France Galop, dans les colonnes de L’Équipe. Moins de spectateurs, moins de parieurs, c’est « un cercle vicieux qui s’enclenche », poursuit-il.

À l’autre bout de la chaîne, les propriétaires de chevaux cherchent avant tout l’émotion de la course. Ils « savent que leur espérance de gain moyenne n’est pas mirobolante et n’ont donc aucune envie de jouer dans des hippodromes un peu vides ». Le nombre de chevaux entrainés pour le galop en France est passé de 10 000 à 9 000 entre 2024 et 2025.

Depuis 2010, le marché s’est ouvert pour les paris en ligne. Tout en restant leader du pari hippique, le PMU n’échappe pas à la concurrence, en particulier depuis que la Française des jeux (FDJ) a mis la main sur le rival ZETurf. En 2024, les profits du PMU ont atteint 837 millions d’euros, en deçà des 850 millions escomptés, et la tendance ne devrait pas s’inverser de sitôt. Quand un Français sur deux s’adonne aux jeux de grattage au moins une fois dans l’année, seuls 7 % parient sur des courses de chevaux.

Le « Pacte PMU 2030 »

Selon le ministère de l’Agriculture, les flux financiers générés par l’ensemble des activités équines dépassent les 11 milliards d’euros. L’économie du cheval irrigue tous les secteurs, des loisirs et centres équestres à la santé, l’alimentation, l’équipement, l’élevage et le monde des courses.

« Les données établies confirment notre position atypique de filière agricole qui, grâce au pari hippique, s’autofinance, est directement contributrice au budget de l’État et génère de la richesse au cœur des régions », notent Guillaume de Saint-Seine, président de France Galop, et Jean-Pierre Barjon, président de la Société du trotteur français.

Face à la baisse continue des mises sur les paris hippiques, le gouvernement a lancé un « Pacte PMU 2030 » pour réformer la gouvernance et le statut de l’opérateur. L’objectif à terme ? sauver la filière qui emploie 40 000 personnes. Le gouvernement a désigné cet été Éric Woerth, député de l’Oise, pour diriger la mise en œuvre du « Pacte PMU 2030 ».

Sa principale mission sera « de formaliser un accord stratégique avec les sociétés mères en s’appuyant sur les recommandations de l’IGF, de définir le contenu du Pacte PMU 2030, de proposer une réforme de la gouvernance du PMU et de fixer la clé de répartition entre les sociétés mères, et de formaliser le mandat de la prochaine équipe de direction du PMU ».

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